‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 164 sur 208 · LIVRE OlIATUrKilE — flIAPlTRE Vil · texte numérisé non relu

LIVRE OlIATUrKilE — flIAPlTRE Vil

lui ratlondiissent sur son prop épiqup (le SOS niallioiiis, la j^igan ('pi'eiivcs (le iiKM-, riniquil('' qu'i plus iiicomparahli' api'ôs rolle des Juifs envers le Sauveur, le Iransportenl au delà du temps; et le Révélateur du (jlobe, se plaeant au point de vue de la posiérilé, déplore la destinée inortello de Christojihe ("olomb. Il s'écrie: « J'ai pleuré jusqu'à présent sur les autres; maintenant, que le ciel me fasse miséricorde l't que la Terre pleure sur moi !... qu'il pleure sur moi celui qui aime la charité', la véiité el la justice ! » Ce n'est point la Castille ou l'Europe que le Messager de la Croix convie à pleurer sur lui : c'est ce Glolie entier qu'il a découvert : « Que la Terre pleure sur

moi

Quel mortel osa jamais tenir un tel langage? La sublimité de celte condoléance correspond à son in'oituiie sans exemple. Quel poète, quel propliète, quel lléios de l'Kvangile, en parlant de lui-même, eut une plus puissante hardiesse d'images, et revêtit d'une plus i^rande majesté l'accent échappé de son conir? C'est l)ien véritablement ici qu'on sent que « le style, c'est l'homme » : la grandeur, la simplicité, la tristesse et l'audace s'y trouvent naturellement harmonisées comme une seule vibration de l'àme.

L'Amiral, on écrivant cette lettre, annonçait qu'il l'enverrait au moyen des Indiens. ElVeclivemenl, d'aventureux pirates se hasardaient parfois avec leurs canots à de très-grandes distances, en suivant certains courants et faisant escale sur diverses côtes. Mais,

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poliil (lo savoir ro qno le Très-Haut, siiivanl IVxpressidii ili' l*ii'iiv Mai'h r, <■ avail décidé à son égard ».

l'Mili'niiiiciil siMil, un cliii''lii'n pi'ét aux souffi'anros, un liomiuo de dévoucuienl l'aisanl à Dimi le sacrilire dosa vie, s'iinmolanl au salul de tous, pouvait tenler celte onlrepriso. Mais qui serait cetle p'^néreuso vicliine? Colomb avail beau clicrclier ; il ne voyait capable de ret liéroïsino que son ancien serviteur, le capitaine de pavillon, Diep:o Mondez, officier formé à son intimi^ i''i-ii|i\ qui aimait Dieu, la sciene(^, l'Auiiral son nialli'e, et n'était point retenu par les attaches de la terre.

Le dixième jour, Cliristoplie Colomb appela le capitaine de pavillon à une conférence particulière qui, restée secrète pendant trente-trois ans, fut divulguée elui-ci, le 10 juin 1530, dans l'acte solennel de ornières dispositions. La grandeur d'âme que 'ssitait un sujet si délicat, la gravité des conjoncs au milieu desquelles ou ('tait placé, donnent à slérieux colloque un intérêt saisissant.

mirai et son cajiilaine de pavillon étaient seuls Dieu dans la cabine. Voici quelles lurent les es paroles de Colomb :

Diego .Mi'udez, mon lils, aucun d(î ceux qui sont copié vous cl moi, ne se doute du danger dans I nous sommes, ]iarsuile de uotn' pi'lit noMd)re la multitude des Indiens sauvages dont le carac- ^st inconstant et fantasque. Aussitôt qu'il loin* ra fantaisie de venir nous rôtir dans ces deux

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