‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 166 sur 208 · LIVRE OUATRIÈMK — CHAPITRE VllI · texte numérisé non relu

LIVRE OUATRIÈMK — CHAPITRE VllI

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niiiiitaliidlc, s'dflVil à lui rapporlor dos luniv lairivéo do Diojto Mondoz à llispaniola. l'ouf los |ii li'ji'ci' ciiiilrc les Indiens, (|Ucl(|iirs liduniics se di'ci- (li'Tonl aldis à losuivro. On pn'iiaia un socdiid lanol. Snr cluKjuo oiubaicalion nionloionl avec Dioi;u Mondoz cl liarlliolomy Fiosolii six Espagnols, cpi'ils avaient choisis, el ili\ Imiicns pniir Icnir les rames. 11 lui eonvenii (praprès avoir tunclié à ri"]spaL;nolo, Fiosclii leviendiail inroimer l'Amiral de leur lioureiiso arrivée, pendant que Dieiio Mondez irait porter au gouverneur la lettre dont il l'Iait cliargé, el qu'après avoir 'ë. expédié à la Jamaïque une caravelle bien approvisionnée, il porterait en Espagne les dépèelios à l'adresse des Rois.

Les deux rancis voguant de eonsorvo et longeant le rivage, (pic suivait le délaehemenl commandé par l'Adolanlado, arrivèrent assez laborieusement à la jiointo Aomaquiquo. Ils passèrent là quatre jours à alli'udre que la mer fût calmée. Alors les vagues senihlèrenl s'cndormii'. Diego Mondez se mil en pi'ières, se recommanda à la miséricorde divine, à la protection particulièri' de Xotre-Damo d'Antigua et prit congé de l'Adolanlado. En ce moment suprême, des pleurs mouillèrent les yeux de ses compagnons. Les Espagnols de l'escorte, remués pai" la vue de ce dévouemenl, de cette connance en Dieu, touchés de la grandeur de ce sacrifice, « versèrent des torrents de

laniics ». Cos aflii'iix T'iMirnl (l('(iiii;iiil>. Mais rriivovi^ (Ir l'Amiral, sans èti'i' aiimlii par cclli' cxplusion do si'nsil)iiil('', s'aniiail conln' ralIcndiissenuMil ]iar sns ]iarnl('s (le son chef : « .l'ai la ferme confiance (jui' l)ii'ii Noirr-Seiuni'iir vous fera siirnioiili'r les dangers qni vt)ns menacent, conimr il l'a l'ail eu d'aulres occasions. » Kt il s'cMoi^na di' la cùle, voulant meltrc à jHolil celte i)énii;nilé des flots, si rare en ces cajuieieux ])arages.

H lenail l'osl, quart-sud. Les rameurs taisaient d" leur mieux. Aucun souille ne ridait l'onde a/.uréc. I.a (lialiiir et la soif les incommodaient beaucoup. Pour se rafraiciiir et se délasser, ils se jetaient de temps à autre dans la mer et reprenaient les avirons à tour de rôle. Comme ils se plaignaient de la soif, les capitaines leur donnaieni fréquemment des calebasses remplies d'eau. Ils fui-cnl li'oi> conipalissanls le prejiiicr jour.

Vers le soir on perdit (l(^ vue la (erre.

Les Espagnols, poui- é'viler toute surprise, firent leur quart sur chaque canot. Le matin ils élaiiuil tièslal ignés. La clialeui' s'accrut avec le jour. Les rameurs brûlés de soif tombaient sons leurs bancs. Diego Mondez et Barthélémy Fieschi avaient mis en réserve di'ux barils; et quand ils les voyaient ainsi di'faillanls, ils leur distribuaient quelques petites gorgées. Ils leur faisaient espérer d'ai'river bientôt à la petite île de Navasa. Cette idée releva 1(^ courage des rameurs qni craignaient de l'avoir laissée loin de leur route.

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La nuit arriva; elle lui Ijiùlaiilo.

Li'iiis liras sans force laissaient IoiuIum' les rames. Ils étaient rieniliis immobiles au fond des canots. Le moins roltuste d'entre eux expira dans les tourments de la soif. On jeta son corps à la mer. Le lendemain ils lir('nl lin (ii'iiiiiT l'IVort ; mais le soleil les lirùlail. Ils mettaient dans leur bouche un peu d'eau de mer ikuii- |i|; modérer cette ardeur qu'ils ne faisaient qu'aciroiliv. Kt la nuit arriva encore sans qu'ils eussent découvert l'île promise. Alors une sombre désolation s'empara des cu'urs. Perdant toute espéranci', ils se résoliiri-nl à mourir.

.Seul renvoyé d(^ (".olomb, se confiant à Dieu, conservait quelque espoir dans son sein. Cepeudant la lime se leva au nord ; et Diei^o Mendez, qui sans cesse portait les yeux autour de lui, remarqua qu'une ligne sombre et brisée cacliait la partie inférieure du disiiiie. Il conji'ctura qu'une masse opaque s'iuliM'posail au loin enlie l'astre et les canots. Alors remerciant le Seigneur de l'avoir secouru par ce signe céleste, i réveilla le zèle de .ses canotirrs, qui se mirent tous aux rames, et le lendemain au point du jour ils atteignirent Navasa.

C'était une île basse, aride et n'ayant qu'une demilieue de circuit. Elle était formée de rocs nus, n'avait ni source, ni arbres, ni plantes. Par bonheur, dans les creux des rorhers se trouvait encore de l'eau d 'S dernières pluies. Diego Mendez rendit de vives actions de grâces à Dieu de cette miséricorde. En voyant le [leu d'étendue et d'élévation de Navasa, il compiàt que

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si son œil ne se fût pas fixe'' sur la lune en ce monu'nt ]irétis, ils auraient passé hors de leur route sans la distinguer, et se seraient infaillililenient perdus dans l'iinniensité des flots. Jls se délectèrent avec celte eau du ciel. Plusieurs Espagnols, malgré raverlisscnu'iil des deux officiers, en liurent à se rendie malades. Ouclqiies rameurs se désaltéraient avec une telle |)as- ,- ion qu'ils lurenl suHbqués et moururent sur la place.

S'étant reposés pendant cpicliiues heures, Diego Mendez et Barthélémy Fieschi reinonlèrrut sur leurs canols.

Us avaient lail remplir d'eau li'S barils et les calebasses. Us ramèrent toute la nuit, et le lendemain, dans la matinée, atterrirent au cap Saint-Micliel, aujourd'hui nomme le cap Tiburon, sur une fort belle plage, où accoururent aussitôt une foule d'habitants du voisinage avec quantité de vivres.

Après avoir passé deux jours en ce lieu pour réparer ses forces, Diego Mendez loua six rameurs indigènes, ceux de la Jamaïque étant à demi morts d'épuisement, et se dirigea sur Saint-Domingue, encore éloigné de cent trente lieues. Quand il eul l'ait quarante lieues au milieu des plus grands dangers, parce que cette partie de l'île n'était pas encore soumise, cl que ces pai'ages étaient jiarfois infestés des Caraibes anihropopliages, il aborda au port d'Azua, où le commandeur Gallego, qui administrait le district, lui apprit que le gouverneur gt'néral Ovando se trouvait à \aragua,àcin(iuanle lieues dans l'intérieur des terres. .\bandounanl son canot, il partit aussitôt pour le re-

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