LIVRE QUATRIÈME — CHAPITRE VIII
joindio, allaiil soûl (i à piinl à travers dos tribus insoumises (Ml irritées, de liautcs nionlagnos, des rivières rapides el desforèls iiiextriealtles qui soiiiblaieiil délier sou liéroisme duraul ces einrpianle lieues dohstaeles. La solitude ne l'épouvanlail point. Saconliance en Dieu el le son\enii' de sou uiaitro le soutenaient ('ontr(! les dangers véritables cl les terreurs de l'imagination.
nés que Diego Mi'ndez l'eut quitté, Bartbélomy Fiesclii voulut rejiarlir, pour apprendre à rAmiral l'arrivée de ses dépêches à Hispaniola. Mais telle était la fatigue des Espagnols et des Indiens, qu'il ne put les décider à le suivre. Pour rien au monde ils ne voulaient recommencer en canot un pai'cil voyage, dont la réussite paraissait un miracle sur lequel il ne fallait pas compter deux fois. Force fut donc à l'intrépide genlilliomme d'attendre le navire que Diego Meudez était allé solliciter du gouvernein- général.
Toujours consignés à l)ord des deux caravelles, les équipages tournaient sans cesse vers le nord leurs regards impatients. Ils attendaient le retour du capitaine Fieschi , el espéraient découvrir son canol. Bien des semaines s'étaient succédé dans cette inutile attente. L'influence de cette température nouvelle, la nourriture exclusivement végétale à laquelle on était réduit, le manque de vin el de cordiaux , après les
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laligues inouïes (ju'oii avait su]ij)iiili''es dans celle navigation sans exemple, agirent sur les lempérauients les plus faibles. Un certain nombre de marins furent obligi's de s'aliter.
Cette eiiTonstance assombiil les esprits aigris jiar les privations, l'incertitude di; l'avenir, l'isolement et rimmol)i]ité à hupielle ils étaient contraints. Les jeux de dés et de hasard claienl sévèrement inlerdils dans la marine castillane. La cambuse était close. Il n'y avait ])(iinl di' iiiauo'uvi'e à faire; plus d'exerciee de voiles ou de tir. Deux vigies |)lacées en faction sur les eahincs de l'avant suflisaienl pour la sûreté de cet ennuyeux casernement. La beauté de la rade si digne de son nom, cette vision terrestre de la gloire du Créateur, n'éveillait rien dans ces âmes cupides et matérielles. L'ennui naquit du repos, qui amenait l'oisiveté. Or l'oisiveté, on le sait, est la mère des vices. Les marins désœuvrés faisaii'nt secrètement leui's commentaires sur leur situation.
Nos lecteurs n'auront pas oublié que les quatre caravelles de l'expédition avaient élénoliséesà Séville. Ceux qui les montaient appartenaient la plupart à ce port. L'Amiral avait choisi tout son corps d'officiers, à l'exception des deux frères François cl Diego de l'orras, aussi de Séville. Colomb les apprécie en ces termes : « Aucun d'eux n'avait les talents nécessaires pour ces emplois. Dans les Indes, ils se montrèrent de plus en plus vains de leurs positions. Je leur pardonnai une foule de manquements que je n'aurais point passés ù un pai>cnt, et qui méritaient une autre ])uui-