‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 172 sur 208 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

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Durant ce temps, l'éclipse devfnail plus complète, ainsi que la teiTOiir (les Indiens rassemblés sur le rivage, rommi' le prouvaient leurs hurlements, lis suppliaient li's espagnols d'avoir pilit'' d'eux.

L'éclipse parvenait à sa décroissance quand l'Amiral, ayant achevé sa prière, sortit de sa cabine, et dit aux l'aciques qu'il avait parlé d'eux à son maître ; que Dieu entendait leur promesse de bien traiter les chrétiens, de leur apporter des provisions. 11 leur annonça que ce phénomène, objet d'épouvante chez la plupart des peuples idolâtres, n'était point un présage menaçant pour les .«eniteius du Christ, et que bientôt la lune n'allait plus èti'e d'un brun roui;i'àtre, mais reparaître pure et blanche comme à l'ordinaire. Le messager di' la (Iroix ]tril occasion de cette circonstance pour montrer aux indigènes le signe du Salut et leur inspirer cette crainte salutaire du Seigneur qui est le commencement de la sagesse. En effet, les Caciques remercièrent l'Amiral et s'en allèrent « louant le Dieu des chrétiens » dont ils ne ]>arlaienl plus qu'avec un grand respect. Depuis lors, ils envoyèrent exactement des provisions qui étaient scrupuleusement payées en objets d'échange.

CHIUSTOPIIE COLOMB

perdus, cl ils mettaient leur consolation dans la pensée do vonilre clir'reincnt leur vie, quand les joujoux ri les luarcliandisos ([ui leur faisaient obtenir des vivres seraient enfin épuisés.

Exei'pté l'Amiral, pei'sonne ne consi>rvail la HU)indn' espérance. En admcllanl, ciiose niiraculeuse ! qu(' Mcndez fût débarqué sur le rivage de l'Espagnole, il y avait encore du cap Saint-Micbel à Saiul-Douiingue plus de cent lieues à IVancliir à travers de rudes montagnes. Un bruit vague était ré[)andu à dessein \)iiv la bande de l'orras parmi les indigènes. On pri''lendail avoir vu ]iérir un navire qu'entraînaient les courants vers le sud. L'assombrissement des esprits allait se i.-mbrunissant de jour en jour. Profitant de ces dispositions, le médecin Liernal, l'ancien apolbicaire de Valence, qui exécrait l'iVmiral, de l'aversion qu'éprouve le crime pour la vertu, s'affilia un écuyer de la Capitane, un aspirant du Srtï«f-/«C(yi(es de Palos, puis un certain Camacho, de Sévi'Is, et se mit aussitôt à l'œuvre.

Afin qu'aucune amertume ne fût épargnée à Colomb, ce fut parmi les liommes qu'avaient ramenés à la santé ses soins et sa médication morale que se forma secrèlcmenl un second complot, plus redoutable (|ue le premier. Cédant aux insinuations de maili'o Bernai, les anciens malades résolurent de s'euiparer des canots de service, d'enlever tout ce qu'il y avait à bord et de massacrer r.Vmiral. Le secret resta proloudémeul enfoui dans une haine silencieuse, llieu ne transpirait au dehors. Colomb ne se doutait aucunement du (langer ; mais la Providence veillait sur lui. « Dieu rcmé'dia à ce péril, y

LlVItlC gUAÏllIÉMH — CHAPITRE IX

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Lomomenl avait étcdcsigné : cV'Iait durant lanuitqiio ili'vail tMlaler ce complot des malades. Peu d'iieures avant son exécution, vers le soir, on aperçut au nordest, comme une apparition, la voilure d'une petite caravelle. Son aspect lit avorter le crime.

Le navire s'approcha et laissa tomber l'ancre à rpieique distance des baraquements.

Pour expliquer comment venait si tard le secours d'Ovando, il nous faut remonter à l'arrivée des deux messagers de l'Amiral à Ilispaniola.

L'assistance invisible qui avait favorisé la navigation de Diego Mendez le conduisit sain et sauf, à travers des montagnes hérissées d'obstacles et d'ennemis, jusqu'auprès du gouverneur général, qui visiUiil militairement la partie centrale des États de Xaragua. Avec toute la chaleiu' de son àmc, le digne ca[)itaine exposa rimminenec des dangers que couraient l'Amiral et les équipages. Mais Ovando, tout en accueillant avec une grande politesse le capitaine de pavillon, ne parut pas fort sensible à ce qu'il lui put dire. Usant de moyens dilatoires, il retint Diego Mendez, en apparence, |)arct; ipi'il ne voulait point l'exposer aux dangers route de soixante-dix lieues, à travers un pays rt d'insurrection; mais, en réalité, alin de lui tout moyen de comm\miquer avec les partisans ^miraL

|ln|niis peu, la mort de Béhéchio avait fait passer la couronne sur la lèle de sa sœur, la célèbre Anacoana, Reineadmirable, sans rivale pourla beauté, comme ellr l'était pour le talent et la puissance. Son élégante suprématie enthousiasmait les grands et petits souverains de l'ile. Ils adoraient sa présence ainsi (|uo ses commandements : c'était la personnification de la poésie de ces insulaires, le type de la perfection et la première sublimité accessible à leur entendemeul.

Certains complices de Roldan, pensant se conciliei' la faveur du gouverneur et prévenir les [)laintes qui pourraienl lui parvenir contre leurs iniquités, avaient écrit à diverses reprises que les Indiens de celte contrée préparaient un soulèvement.

Ovando résolut d'aller examiner par lui-même les lieux et les choses. A tout événcmeni, il se lit accompagner d'une force respectable : trois cents hommes d'infinterie et soixante-dix chevaux. Il s'annonça comme venant saluer une souveraine qui s'était toujours montrée si bienveillante pour les Castillans. Aussitôt Anacoana envoya l'ordre à tous les Caciques de rendie honunage au gouverneur. Elle vint à sa rencontre, entourée d'un cortège où des cliœurs et des ballets de sa composition, alternés avec des groupes de seigneurs revêtus de leurs [ilus beaux ornements, s'entre-mèlaient des canéphores embaumant l'air de Heurs et de guirlandes. Elle lit cxéculer une danse nouvelle, la danse vii'ginale, où ne liguraienl ni hommes ni femmes mariées. Le gouverneur et sa suite furent logés dans les demeures préparées à cet effet, et on lui offi'it des banquets d'une profusion re-

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