LIVRE QUATRIÈME — CIIAI'ITUK XI
t|iii iiùl (ii'diircr son cœur. U savait on proie à un iiialiiicnralili' l'li('roï(|ii('rcinino (jiii l'avait fOin[tiis, f|ui Tavail (levim'', s'rtait laite sa proleclrice, sou amie. II no pouvait ni lui parler ni lui écrire en ce moment terrible. 11 n'osait se rappeler direrlcment à son souvenir, sur lequel il comptait pourtant. D'ailleurs elli' n'était déjà plus, cette verlueusi' doua Juana de la Torre, (pii seule peut-être aurait eu le courage de reparler de lui près du lit irisalidle.
Hélas! au monieul du déiiaripieuieut de Colomb, (li'-jà tout espoir l'Iail ('vamiui.
La Reine se trouvait à .Médina del Campo quand elle ressentit les premières atleinlos d'une maladie dont les propres no s'arrêtèrent jilus. L'énergie de sa volonté dut, peu à peu, eé'der à l'alTaissement de ses l'orccs physiques. U lui fallut suspendre une partie do ses travaux ordinaires. Pourtant elle consacrait encore, eliaque jour, plusieurs heures aux affaires de ses royaumes. Ce fut dans cet état qu'elle reçut .la lettre de l'Amiral, écrite le 7 juillet I.jU.'] à la Jamaïque, portée miraculeusement par Diego Mondez à l'Espagnole, et de là en Castiile.
La Reine n'avait pas attendu l'arrivée de ce brave é( iiyer pour s'occuper de l'.Amiral. Tandis qu'il languissait sur les côtes de la Jamaïque, elle lui prouvait la constance de son souvenir, en nommant garde du cori)s son fds aîné, avec un Iraitoniont de cinquante mille maravédis par an.
Isabelle voulut ailmettre en sa présence le pieux et fidèle servileiu' de Ciilond). Elle eutendil les détails de