LIVRE QUATRIÈME — CHAPITRE XI
lii'llc. (]iir,sauf(losànios tlV'liU'jquchiuesc'vr'qiipSjquel- (|uosrolijii(Mix, le l'ostedes Kspaj;nolsn'aporcovaitonliii (|ii'iin haul l'oiiclidiiiiairc dr la iiiaiim^ siTvaiil la poiiloniie à l'élransor ; un ainii'al lointain dans un Océan pou connu, et que son origine génoise rcndail toujours un peu suspect. Kilo smilo avait soutenu ses vues, son administration contre les imi-eaux de la niaiine, conlii' les courtisans, contre les conseillers, contre la voix publique, le Roi hii-niènie; et n'avait cédé qu'une Ibis, à l'illusion des apparences : car il lallait bien que l'imperfeclion liiimaiin', qui' la faihlesso de la femme parussentdans le cours deci>tle amitié sans pareille. Mais elle avait réparé son erreur, en versant secrètement des larmes d'attendrissement ci de regret sur l'inlortuno dont elle était involontaiieini'ul complice.
Pour l'âme ardente de Colomb, cet instant n'avait pas existé. Il voyait toujours dans l'incomparable Isabi'lle le type de la pureté, de la constance et de la lidélilé à la paroli", la lleiir ih's grâces souveraines et la poésie de riiumanilé'. A qui raconterait-il désormais les ravissements qu'élevaient en lui les merveilles des régions inconnues '.' 0"i le suivrait maintenant par la pensée et lui saurait gr('' (ii> ses lointaines fatigues? Qui lui viendiai' l'ii ,.:de jiour réaliser enfin le but délinilif de ses espérances, le rachat du tombeau de notre Sauveur?
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Quand il eut comprisque son ma!lii'ur('lail accompli, que la Reine était niorlo, Colomb cul froid au cœur. Sa désolation resta muette comme la touili:'. Sa douleur
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CHaiSTOPHE COLOMB
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Xi'anmoins, ce qiii" nous adniii'ons licaiicoiip plus (|iicsa force moral L" el sapaliencc parmi lanl d'épreuve^., c'est la perfection évangélique de sa charité, qui lui fil prendre sous sou éi;ide les maiins ramenés à ses frais, et dont une pai'tie avaient menacé ses jours. 11 ne se borna pas à li'ui' ]iardonner. Po;ir leiu' fournil' les moyens (le rentrer dans la patrie, il lui fallut pr('lever douze cents castillans sur la somme qu'il avait toucliée à Saint-Domingue. Kn arrivant à Sévilie, sa première lettre recommandai! vivement à la sollicitude des Rois ces Immmes dont la solde était arriérée et le besoin extrême. Quelques jours après, il rappelait encore à la Cour leurs nécessités, leurdénùmenl. Le :J8novembre, il enjoignait à son fils, don Diego, de parler pour eux. Sans craindre d'importuner par son insistance, le l" décembre il recommençait à écrire en leur faveur.
(]omme les bureaux, malgré les ilol(''ances des mai'ins, n'expédiaient luiinl leui' affaire, dans le moment où il ne pouvait envoyer que cent cinquante ducats à son fils, et lui recommandait de ménager parcimonieusement cette somme, Colomb faisait encore, malgré sa propre gène, une avance à ces ingrats.
Là ne se borne point sa sollicitude : il s'occupe de surmonter les obstacles qu'apportaient les bureaux à l'expédition de toutes les affaires qui riutér('ssaienl ; et il envoie lui-même à la Cour, par son fidèle Diego Mendez, les feuilles ordonnancées de payement.
Mais cette énergie de réclamation, an nom de la justice et de l'iinmaniié, ne ])ouvail être employée à