‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 183 sur 208 · LIVRE QUATRIÈME — CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME — CHAPITRE XII

le suppliant do vouloir le nommer aux lieu, plare et, droits (le l'Amiral son père.

Don Diego Colomb ne reeuL aucune réponse.

L'Amiral put croire que ce silence provenait d'une irrégularité de Inrme el t\\ir le Hoi voulait recevoir de lui-même l'expression de son désir. Il lui écrivit donc une courte hili'e, ferme autant que respi'clueuse. MallieureusemcDl Colomb, pour toucher le monarque el accélérer l'expédition de l'affaire, ajoutait qu'il altrihiiait aux contrariétés occasionnées par l'Cs éleinels relards la princijjale cause de l'étrange el douloureuse inlirniilé (pii le rendait comme perclus.

Hfc Hélas! cet aveu devint l'arrêt de Colomb.

Si liant qu'il fût placé, Ferdinand ne laissait tomber à terre aucun pi'opos. D'ailleurs ses haines étaient devinées et servies avec un tact diabolique. Dès lors, le système de lenteuis à suivre à r('gard de l'Andrai, aecabh'- de souflrances, fut tracé par sa propre indication.

Comme on le pr(''voil, sa liMIre resta sans réponse.

L'.Vmiral se llallant que, de vive voix, il avanceiait ses affaires, se préj)arail à partir pour la Cour. .Mais sur ces entrefaites, des douleurs cruelles, redoublées par le déplaisir de ces lenteurs l't de nouvelles rigueurs de la température, l'emiiêchèrent de quitter Séville. Malgré ses maux, il ne diminuait en rien sesmortilica-

lions, observait rigoureusement le jeune quadragé-

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simal cl suivait exactemenl la rôde de l'Ordre .^éia- I)Idque.

Enlin les douces influences du printemps améliorèrent son élat. Dans le courant de mai, soutenu de son frère l'Adelanlado et moulé sur une mule, il prit la roule de Ségovie, où la Cour venait de s'établir. Cependant, trlle élait encore sa souffrance, qu'il tondia d ■ nouveau malade à Salaman(pie. Le fidèle Diego Mendcz vint l'y trouver et lui donner ses soins. Après quelques autres stations douloureuses, Colomb parvint au but

te*??* > i,.-:i.:,f^M *''^ *'^" voyage.

Le Roi l'accueillit avec sa politesse habituelle, mais ne lui donna point son titre de Yiee-Roi et ne le fit jioint traiter suivant son rang, couune il l'était du .:i^é*/>^v vivant de la Reine. 11 écouta avec patience le récit de sa périlleuse navigation et avec intérêt la découvei'te des mines de Véragua. H laissa l'Amiral raconter son naulVage forcé <à la Jamaïque ; l'abandon où l'avait livré le gouverneur d'IIispaniola; la révolte des Porras; les affronts subis à Saint-Domingue, sans lui donnei'd'antie consolation que ces paroles vaguement alfables, auxquelles l'expérience de Colomb ne pouvait plus se tromper. Tout en reconnaissant les litres aussi anciens qu'incontestables de l'Amiral à la gialiluiic di' la couronne, Ferdinand trouva moyen de terminer l'audience sans avoir rien décidé, ni même rien promis.

Dans ses diverses audiences, le Roi parlait surtout à l'Amiral de sa goutte, de ses rhumatismes; lui recommaudail avant tout de' se bien soigner, lui indirpiaiU des médecins, iiuis d'un geste gracieux lui faisait un salut de cons'é.

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