‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 184 sur 208 · LIVRE OUATIUÉME — CIIAIMTUK Xll · texte numérisé non relu

LIVRE OUATIUÉME — CIIAIMTUK Xll

Si pareille façon de traiter, en vieillard ind)é(Mli\ le flrvrlaleur du Glohe semblait à Ferdiiiaml une l'acéliciisi' habileté, cond)ien ce qu'elle avait de cruel ne (iiil-il pas profondément révolter le cœur de Colondj!

Ferdinand, loin de paraître repousser on détourner jamais ses réclamations, en reconnaissait la justice et semblait encourager Colomb à se plaindre de la position qui luiétailfaite ; mais n'en remuait pas davantage. Toutes les fois que l'Amiral se présentait à la Cour, le Roi accueillait avec une extrême politesse ses instances, et lui répondait des choses on ne peut plus obligeantes. Quand il revenait à la charge, le Roi avait encore à lui offrir d'autres politesses flatteuses, à susciter de nouvelles espérances. Néanmoins l'affaire n'en marchait pas plus vite.

Par moments Colomb se laissait prendre tout de bon aux paroles captieuses de Ferdinand. Sa droiture ne pouvait croire à une dissimulation si longuement conduili', ni à un pan'il mépris des droits les plus sacrés.

De son côté, le fils aîné de l'Amiral, don Diego, rappelait aussi au souverain sa demande pour l'investiture du gouvernement héréditaire des Indes, qui lui appartenait en vertu des traités dont il présentait la copie. Pas une fois le Roi ne laissa sans réponse ces demandes. Il fn aicusail réception avec une ponctuelle exaditudi'. Dans les audiences et les conversations, il ajoulail des polit \sses et des protestations de bienveillance aux assiu'ances déjà données.

Il ne se montra jamais importuné par l'insistance de

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l'Amiral ni par relie de son Ois. Loin do là. Plus on lui iidrossait de léclamatious, plus il y réjiondait favoralili'meiil. On ne pouvait se plaindre de raecueil invariablement poli lait à ces demandes; mais rien ne se terminait.

En allendant une décision qu'on ne rendait point, les ressources de l'Amiral s'épuisaient. Les caravelles d'Hispaniola, chargées d'or, n'apportaient rien pour lui. Ne ])ouvant plus lont;temps soutenir la dépense qu'entraînait son rani; dans la résidence royale, il partit pour Valladolid où la Cour ne lit cpi'un séjour transitoire. Mais, afin que ses tribulations fussent à leur comble, la maladie vint s'ajouter aux tortures de la goutte dont il était « travaillé sans miséricorde ».

Alors Ferdinand, qui, sans paraître y songer le moins du monde, suivait avec attention la décadence dc'S forces de l'Amiral et l'aggravation de ses embarras pécuniaires, jugeant le moment opportun, lui fit proposer de renoncer à ses privilèges et d'accepter en échange un domaine situé en Castille, auquel on ajouterait une pension sm- les fonds de la couronne. Le Révélateur du Globe rejeta dédaigneusement l'offre par laquelle on avait espéré séduire sa misère. Aussi iullexil)le dans son dénùment et ses infirmités qu'à l'époque où, fort de sa seule espérance, dans la plaine de Grenade, il obligeait la Cour à lui consentir ses privilèges, il ne céda rien, ne diminua rien de ses droits méconnus; et garda le silence de l'indignation, se bornant à en appelei' à Dieu de cette iniquité.

Ainsi, l'homme qui en ce moment rendait l'Espagne

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