‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 186 sur 208 · LIVRE QUATRIÈME — CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME — CHAPITRE XII

Nouvoau Conliiieiil, ot pressoiilii- rciiiplaromi'iit iircussairc aux g:randes coinmuuicatioiis do ravciiii- miro los piniples, lui monlrait clairriiicnl l'iiiiinciisili'' de ses (lofoiiverlcs. Il av. lit, donc piciiieiiieiil conscieiico de l'i'iinniulr de rinjuslicc royaU;, cl soiilait (ino jamais iiiiqiiili'' plus rrianle ne fui couunise envers un iioninie. Par la Donation apostolini.' du Saint-Siège ol la Lii^ne de Démarcation papale dont il était socrèlement cause, il avait assuré à la Castille la luoilié de ce Globe; cl on lui refusait ses droits, ses litres, ses honneurs, son pain! Il ne possédait au monde que ses revenus, et ou les faisait disparaître! C'élail à la conliance ou à la commisération de quelques Génois ([u'il devait de pouvoir subsister eliétivement par des emprunts.

Il voyait s'éloii;aer indélinimenl la di''livrance du Saint Sépulcre, désir désespéré de toute sa vie, lorsque tout semblait prêt pour sa léalisation. L'or abondait maintenant, et chaque arrivage promettait pour la saison suivante des richesses grandes; mais rien n'était pour lui ! Que ne devait-il pas éprouver dans son cœur? Pourtant il ne laissa entendre aucune plainte, et airèta sur ses lèvres tout reproche près d'en sortir. Renferluant au fond de son isolement l'amertume de ses tristesses, il les offrit à Celui dont il avait porté la Croix. Ce calme dans le comble dcsaflliclionsne laisse-t-il pas deviner autre chose que la vertu? Trouverail-on dans l'histoire un exemple qui lui fût seiublable? La philosophie est aussi impuissante à inspirer (pi'à expliquer celte sublime résignation. C'est que le .Messager du Salut tenait devant ses yeux le crucifix. 11 se rappelait

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CHRISTOPHE toLOMli.

CHItlSTOPHK: COLOMB

naliirc reprit ses droils. Son éncryie de volonlr rriarda seule les eilets d'une dcslruclion qui semblait iniminenle.

Quand, pour découvrir le Détroit, il s'était remis en mer à soixante-six ans, ajjrès en avoii' passé quaranle à naviguer, Colomb n'avait pas déidoyé une moins lii''roïque audaei^ qu'à sa pri'Hiii"'re expédition. Di'jà plusieui-s fois allciul d'oj)litlialmie el de rbumatisme articulaire, il eut à subir, durant ce voyage, di's |irivations, des fatigues et des intempéries indicibles, auxquelles succombèrent de jeunes marins parmi ses équijiages, et dont son frère l'Adelanlado, malgré sa complexion atldélique, ressentait encore les suites plus d'un mois après son débarquement. En outre, une de ses anciennes blessures s'était rouverte; des gonflements artbriliques endolorissaient ses pieds el ses mains; le mal avait, gagné les principaux centres. En dépit de son calme apparent et de sa stoïque retenue de paroles, la perle d'Isabelle avait fait à son co-ur une décliirure d'où s'échappait, goutte à goutte, la source de sa vie. A partii' de ce moment, chaque jour bàla l'approclie du lormi' fatal.

Dans ses atroces calculs sur ce qui lui restait de temps à soulfrir, le roi Ferdinand était d'uni' cxacliludc sagace. Pourtant, il y avait encore chez (îolomb un autre secret de souffrance dont ne pouvait se douter ce profond politique.

Malgré sa résignation tout aimante à la volonté de llii'ii, son pardon de l'iniquité, une désolation plus

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