‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 187 sur 208 · LIVRE OUATRIliME — CHAPITRE XIU · texte numérisé non relu

LIVRE OUATRIliME — CHAPITRE XIU

amèrc qiio i'ingratiliulc royale le peignait incessamiiK'iU dans sa soliliulo : c'était le soiivi-iiir de ces l'Oiilrécs (jiTil ('lail alli'- (](''coii\rii' au ikhii <]<■ .li'siis- Cliiist., la navrante image de ces populations jadis heureuses, qu'il avait ambitionné d'amener au Rédempteur, auxquelles ilavait, It'piemier, montré et fait salurr la Cioix, l't que maintenant l'on détiiiisait avci' uni' barbarie insensée. Le Révélaloni' du Nouveau Momie se sentait mai'lyi'is(' dans les Indiens, démend^n'" dans la disloeation de leurs tribus et les sui>plices iniligés à CCS infortunés, qui s'éteignaient maudissant la sublime religion qu'il as}Hrail à leur l'aire rlH'iir.

Au milieu de ses tortures physiques, des humiliants embarras de son dénùment, Colomb, remettant le sort de ses deux fds à la commisération de la i'rovidenee, aurait pu encore oublier sa détresse, son abaissement, la perfidie du monarque. Mais nulle préoccupation humaine n'aurait pu lui dérober l'image de ces malheureux Indiens ni ralentir l'accélération de .son pouls indigné. Par quelles paroles consoler une telle afllicliiui? (Ju'oser dire? Gomment aurait-on modéié le chagrin qui pénétrait jusqu'aux entrailles le disciple du Verbe, et lui adoucir cette agonie morale, souifrance immense comme une nation, multiple à l'égal des peuplades de cette race infortunée dont il prévoyait la lin, et semblait entendre les lamentations dernières?

Pour prolonger encore durant quelques jours la vie de Colomb, il eût fallu pouvoir ressusciter la grande Isabelle et fermer à l'instant la plaie saignante des Indes. Mais, après tant de traverses et de douleuis sans

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CHIUSTOPHE COLOMB

nom, sa ronsnrvation jusqu'à ro niomont pourrait l)arallro un plirnomùne. D'ailleurs il portail dans sa piopii' sensii)ililé, sacoiupalissancoauxmaux d'aulrui, la causi' tl'une deslfurlion iinuiiiU'Ule.

llicnlôl il reconnut (pi'aueuu secours Inunaiu ne pouvait d(''Soriuais r(''jiarer le (li'lahreiui'Ut d'un c(irps usé dans tout son or!;anisuie; il relut pour la dernièn; fois son toslanienl et, n'y trouvant rien à changer, voulut en l'aiie le dépôt autheuli(jue.

Après qu'il eut remis au notaire du Roi l'acte de ses dernières volontés, Colomb sépara couiplétemenl sa pensée de celle de la leri'e, cessa de pailiciper aux intérêts du monde et de la famille, pour ne plus converser qu'avec les cieux.

Suivant >ineloi générale de la physiologie et de l'histoire humaine, les choses tendent à linir de la même manière qu'elles ont commencé. Le mystère qui nous dérobe l'origine de Christophe Colomb vient entourer sa fin. Peu de détails nous ont été transmis sur celte existence sans égale parmi les hommes. Le savanl chanoine de Plaisance, Pielro Maria Campi, était parvenu à recueillir, sui' la lind(?ce héros chn'lien, des notions exactes, qu'il se préi)arail à publier, quand de sa rude visite la mort vint interrompre son travail. Dans ce (pi'il avait \m se procurer louchant les derniers iiioiuenls du llévélaleur du Globe, il trouvait l'assu-

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