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raiii 1' ([110 sa mort fui celle d'iip. prédestiné, le digne courunneniont d'une vie d'apôtre et de niarlvr.
iNéaniiioins, en i'ahsenee de doi-iiinenls liélaillés sur la di'iiiière phase ije cet astre luniinonx dans la sphère lies intelligences, il est ponriani possihle d'en reir.icer assez exaclenienl les circonstances les j)lus saisissniles.
On devine ce (pi • devait être, à celle éporpie, nne liôlellerie en Kspagne. Il est aisé de se représeiili'r celte clianibre d'aiiheige où gisait l'Amiral de l'Océan, sur son lit de sontVrance. Les murs nus n'avaient pour ornements que ses fers, qu'il gardait toujours suspendus devant lui dans soncaliinet, connue autrefi)is les généraux de Rome, les triomphateurs, conservaient les couronnes civiques et murales obtenues au piix de leur courage. Ses chaînes étaiinil riini(pie récompense qu'il eût reçue du monde. Là, celui (pu l'ut comblé de faveurs divines, que Dieu avait suscité pour lever le voile qui dérobait à riiiimanilé le reste du Globe, gisait oublié des grands, du peuple, et en proie aux décliiremenls par lesquels s'opère la décomposition de noire enveloppe inorlelle. Xi'aumoiiis, au milieu de l'invasion du trépas, sa fermeté d'esprit subsistait complète; sa pensée demeurait limpide et clairvoyante ccuiuue au temps de ses découvertes.
Conformément à l'usage de son épo(|iie et à l'inclinalion parliciilière de sa piété, il revêtit l'habit du tiers-ordre de Saint-Framjois, qu'il [jorta si souvent ; costume dans lequel la grande Isabelle avait voulu
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rf ndre à Dieu le soufflr- quVllc on avait rprii. Sos diMix fils, SOS oniciers clqiiulqiicsPùros Franciscains, scsaiiiis, tour à tour altondris et réconfortés par les paroles de l'anli'Ml disciple du Verbe, assistaient à celte dcrnirre liitlc de sa Ibrte nature contre la destruction. LuinicMie en suivait, avec une nette aperccption, les rapides projirès. Ayant achevé ses exhortations édifiantes, il voulu! une dernière fois, par le sacrement de pénitence, se mettre en état de recevoir son Dieu. Aucun enorgueillissement de ses œuvres, aucun miraçie de sa ,yloire ne vint, par une tentation importune, irovdjler le recueillement de cette heure solennelle. L'humilité de la robe de saint François habitait véritablement son cœur.
Il voyait là, devant ses yeux, appendues aux murs indigents de l'auberge, les chaînes, cette unique récompense qu'il eût réellement touchée de ses travaux surhumains. Craignant peut-être que leur aspect n'aigrît secrètement le cœur de ses enfants contre l'injustice de la t^lour, pour effacer cette image de l'ingratitude loyale, il ordonna que ces fers descendissent avec lui dans le tombeau. Après s'être donné à luimême celle preuve de la sincérité de son pardon des offenses, étant bien sûr qu il ne gardait aucune ombre d'amertume dans son cœur, il confessa pour la dernière fois ses fautes, et en reçut l'absolution. Les ravages physiques avaient respecté à la fois toutes ses facultés. Dans son épuisement corporel, il n'avait subi aucun all'aiblissemeni de l'intelligence. Lcconleuqilaleur de la Création devait "arder sa lucidili' d'inluilion
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;uis>i Uiiii;iciinis (jiie son lurps.
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Li'Jiinr qui s'annonrail iiiarquail iinc> dos graiulos iï'ti's (lu Calliolicisinp, ranniviMsairc do ci'Iiii ovi lo Fils de riiommo, ayant aocomidi la Rédemption, et institué son Eglise, remonta vers son Pèropour rentrer dans sa iiloire.
D'iieuie en iieinv, le Grand Amiral de FÛcéan se scnlail tonjours plus attiré vers le port de son éternité. Il demanda la faveur de recevoir encore une fois sur la terre le pain des anges. Quel aspect dut alors oIVrir cette chambre d'hôtellerie ! L'envoyé du Très- Haut, l'ardent adorateur du A'orbe par (pii tout a été fait, iTcevanl la visite du Verlie divin sous le symbole eucharistique ! Quelle effusion de canu', quelle suavité de confortation surabondèrent chez cet homme de foi ! Quelle divine illumination dut éclairer sa de douleurs! Avec quel bonheur il se prosterna son Maître arrivant à lui ! Le divin Sauveur, dans les âmes, savait combien ardemment il lésiré la délivrance de son tombeau, la glorilîcale son nom parmi toutes les nations de la terre; ]iersévérants efforts et ses douloureuses aspira- ^ers ce but sacré. Aussi, malgré le tremblement toute créature mortelle doit éprouver devant la é de l'Auteur de la vie, Christophe était rempli rance. Rassuré par les bontés et la miséricorde i avait déjà montrées le Rédempteur, son âme dut dre avec de tendres délices à celle venue du u' sous son toit d'emprunt.
Un instant encore, el il allait posscdri' la vie éternelle.
L'intégrité de son intelligence se maintenait complèle ii;al!j;ré l'invasion croissante de sa destruction. Oiiaiid il sentit sa lin tout à lait proche, Coloiuh sortit de son recueillement sérapliique, et demanda lui-mèino le sacrement de rKxIrème-Onction. Sa lucidité n'avait rien perdu de sa force. 11 put suivn; les prières dos ai;onisanls que l'on disait pour lui. Il écoutait avec une IiumMe componction la recommandation del'àme que laisait près de lui l'un des religieux franciscains ; disail lui-même les répons. Puis, après avoir amèrement savouré les transes de l'agonie, sentant venu le momi'nt suprême, à l'heure de midi, le disciple du Yerix; adressa au Père des mondes les ]iropres paroles que proféra le Sauveur expirant sur la Croix : « Mon Dieu, je remets mon àmc entre vos mains ' » et il rendit l'esprit.
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Christoplie Colomb, qui avait rencontré cliez les Franciscains son premier asile, reçut d'eux la dernière liospitalitc. A quelques jours de là personne^ en dehors de la famille franciscaine, ne songeait à cette glorieuse sépulture. Puis, avec le cours des ans, l'obscurité se Ot de plus en plus épaisse sur sa mémoire.
Bientôt on ne se souvint plus de lui. Déjà l'honneur de sa Découverte s'attribuait au Florentin Améric Vespuce; et par une injuste appellation, son nom était donné au Nouveau Continent, tandis que celui de l'ArnpHQcateur de la Création allait s'efTaçant du souvenir des peuples. A peine de loin en loin quelque écrivain osait-il timidement nommer Christophe Colomb. Pendant près d'un siècle, l'École protestante parut accaparer le monopole de sa biographie. Elle seule nous le dessinait à sa manière, systématiquement, avec des traits absolument opposés à ses actes et à son caractère.
-Mais au jour heureux où monta sur le Siège apostolique Pie IX, le premier Pape qui eut mis le pied dans le Nouveau Monde, la renommée de Colomb émergea soudain des ombres de l'erreur. Et lorsque l'immortel Pontife daigna nous ordonner d'écrire celte histoire, déjà par la diffusion de notre précédent livre : la Choix DANS LES Deux Mondes, les sympathies chrétiennes se trouvaient prêtes à l'accueillir.
INous croirions forfaire au patriotisme, si nous ne signalions ici la Primauté que doit revendiquer la France dans la résurrection de la gloire de Christophe
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