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LIVRE OUATRIftMR — CHAPITRE XIV

Colomb. Car, en effet, c'est directement et uniquement à rinfliience française qu'est dû ce réveil tardif de la justice, qu'on voit maintenant s'opérer en faveur de Christophe Colomb.

De toutes les nations, l'Espagne était peut-être celle où le Révélateur du Globe se trouvait le plus complètement oublié. L'histoire du Héros des Mers n'avait été écrite par aucun Espagnol. Jamais un souverain d'Espagne n'avait prononcé publiquement son nom. Le pays ignorait généralement où reposaient les restes du du Héros, et n'en prenait souci. Le monastère Franciscain de la Rabida, qui abiita Colomb, lors de son arrivée en Espagne, livré à l'abandon depuis bien des années, tombait déplorablement en ruine, moins sous la faux du temps que sous la main de l'homme. Après la suppression des ordres religieux en Espagne, et l'évacuation de la Rabidi par les Franciscains, leur couvent, quoique déclaré propriété nationale, était laissé sans protection. Les maraudeurs, les contrebandiers, les paysans des alentours le détruisaient en détail. Ils en dérobaient pièce à pièce les boiseries, les charpentes, même les pierres de taille.

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En 1837, le créateur du musée historique de Versailles, le roi Louis-Philippe, en offrant à l'église patriarcale de Séville un beau portrait du Maître des navigateurs, réveilla en Castille le souvenir de Christophe Colomb. Depuis les jours oîi saint Louis envoyait

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iinp Bible au roi saint Ferdinan;i, c'était la première fois qu'un souverain français adressait un don 5 l'église méiropolitaine de l'Andalousie. A cette occasion, pendant quelques mois il fut que?tion de Colomb dans l'Espagne entière, Cependant, les larcins nocturnes et inr-me les vols effrontés en plein jour se continuaient à la Rabida, sans que personne s'inquiétât de ces dévastations. L'autorité semblait fermer les yeux sur ce vandalisme. Chaque jour le mal s'aggravant menaçait d'une destruction procliaine le pauvre monastère.

Heureusement, pour épargner cette honte à l'Espagne, le H mars 18.j4, Son Altesse Royale Mfle duc de Monlpensier et la Sérénissime Infante dona Maria- Liiiza Fernanda, sa gracieuse épouse, accompagnant i;a ;\Iajeslé .Marie-Amélie, cet ange tutélaire qui pendant dix-huit années fut pour la France une bénédiction visible, arrivèrent sur ces lieux jadis si hospitaliers à Colomb, et dont alors on n'eût pu faire pour l'escorte un abri convenable. En se rappelant l'état d'accablement où se trouvait la vénérable veuve du roi Louis- Piiilippe, on ne saurait voir dans ce voyage une simple excursion de touriste. Il convient de lui restituer son vrai caractère.

La reine Marie-Amélie n'avait pu affronter les fatigues de la route, oublier les soins qu'exigeaient doublement son état valétudinaire et ses soixante-douze ans, pour satisfaire une pure curiosité. Ce voyage était un véritable sacrifice, et constituait un acte religieux ; disons le mot : un Pèlerinage chrétien ; c'était en môme temps une leçon en exemple donnée à nos contempo-

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