‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 193 sur 208 · LIVRE QUATRIÈME — CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME — CHAPITRE XIV

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Reine des Français, et subUsant aussi l'influence de M"'' le duc do Moiitpensier, le Roi d'Espagne, Alphonse XII, son neveu, a voulu venir îi son tour saluer l'iiumble asile où se perfectionna la plus hardie conception de la terre. Le retentissement de cette royale visite ayant surexcité la curiosité, le nom de Christophe Colomb devenant aujourd'hui familier aux Espagnols, les excursions ;i la Rabida se sont multipliées jusqu'à nécessiter un nouveau service de bateaux à vapeur, allant de Cadix et de Sainte-Marie au port de Palos et à Rio Tinto. La ville d'Huelva, chef-lieu de la province, s'est ressentie de cet empressement. Elle voit sa population s'accroître de jour en jour. Un caravansérail grandiose, fruit de la spéculation britannique, si habile à escompter l'avenir, s'est déjà ouvert sous ce nom : Hôtel Colimbus.

Six ans nous séparent encore du quatrième centenaire de la Découverte, pourtant en différents [lays des deux continents, on prépare les moyens de célébrer avec une splendeurinouïe la journée du 12 octobre 1892. Des programmes de fêtes ont été combinés dans les deux Amériques et dans plusieurs villes d'Europe. Divers projets sont à l'étude, particulièrement en Italie et en Espagne. Gênes surtout entend surpasser toutes les cités du monde, par des solennités d'un éclat jusqu'à présent inconnu.

Nous l'avouons : notre cœur ne saurait se défendre d'une patriotique fierté, en sentant que cette piéoccupation lointaine des esprits, ce mouvement si étendu provient directement de l'initiative Française et de son

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influence sur l'opinion. 11 entrait dans notre destinée d'exhumer de l'oubli, le Vainqueur de la mer ténébreuse; de reconnaître sa beauté morale; de le montrer à nos contemporains avec ses dons miraculeux, son mandat providentiel, ses vertus héroïques s'élevant jusqu'à la Sainteté.

Soyons satisfaite. L'élite du catholicisme semble comprendre, aujourd'hui, l'importance de cette double restitution à l'histoire et à l'Eglise.

Tandis que la civilisation, en vue d'honorer l'homme qui fut son principal agent, depuis l'Ère du Christ, esquisse des plans de fêtes, rêve des inaugurations, imagine des statues, des portiques, même des monuments fastueux, n'oublions pas que la France avait pris l'avance, il y a plusieurs années, et proposé l'unique prix qui fût vraiment digne du Messager de la Providence. Nous demandions pour lui une récompense dont ne dispose ni Roi ni Empereur; qu'aucune puissance terrestre ne saurait accorder : la couronne immortelle, le nimbe céleste que l'Eglise seule décerne aux parfaits serviteurs de Dieu.

Par l'ascendant de son exemple et l'efficacité de son Principat catholique, la France a communiqué aux chrétiens des Deux Mondes ce tardif désir de justice, qu'on voit présentement se manifester partout en faveur de Christophe Colomb. En dépit de toute prétention de l'étranger, l'honneur d avoir suscité ce sentiment général d'équité, parmi les nations, revient, incontestablement à la nôtre.

(Juel que puisse être ultérieurement, à Rome^, l'effet

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