‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 21 sur 208 · LIVRE PREMIER - CHAPITRE ill · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER - CHAPITRE ill

l'iii lidii d'uni' puissance supérieure devant laquelle nous nous prosternons.

En ce moment Colonil) n'allait pas, comme on l'a tani répéti', à lluotra voir son heau-frcrc Pedro Correa, l'ancit'n gouverneur de Porto-Santo, mais à lluelva chez un Espagnol obscur, nommé Muiiar, qui avait épousé la plus jeune sœur de sa femme, cl à laquelle il aurait confié son enfant pendant la poursuite de ses instances à la Cour de Castille.

Assurément, si la manière dont Christophe Colomb aborda en Portugal fut poétique et romanesque, la façon dont la Providence l'assistait à son débarquement en Espagne n'est pas moins merveilleuse. Quand il arrive sans protection, sans recommandation aucune, destitué de tout appui, dans un pays dont il ne sait pas même encore la langue, la bonté divine l'adresse à riiomme le mieux préparé à ses idées, le plus digne de le comprendre et de le confirmer dans sa mission.

Sous la bure qui couvrait sa poitrine, Juan Perez de Marchena cachait un patriotisme généreux. Ni l'âge, ni la science, ni les austérités n'avaient rétréci son cœur. Son âme expansive conservait des impressions pleines de fraîcheur et de vivacité. Elle se ressentait de cette permanente jeunesse de la vertu que le temps ne saurait atteindre. Il accueillit fraternellement l'étranger vers lequel le portail une subite attraction. Une sorte d'intimité s'établit aussitôt entre eux, car déjà préexistait à leur rencontre la plus étroite association d'idées qui puisse réunir deux intelligences.

Le Père Gardien, après les premières confidences de

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Colomb, roncragea à séjotirncM" auprès de lui, le moinenl n'élanl pas favorable pour soumcUrc immédialclaeiil son projet à la Cour.

On a prétendu que, se méfiant de son propre jugement, le Père Juan Ferez avait envoyé chercher un savant de ses amis, ce même Gania llernandez, médecin de la communauté, résidant ii Palos, fort versé dans les mathématiques, et que le projet de Colomb fut discuté entre eu\ dans plusieurs conférences; qu'après l'avoir reconnu rationnel, l'on décida qu'il serait exécuté. C'est là une erreur qu'a démentie authentitpiemenl le propre témoignage du médecin Garcia llernandez dans une déposition judiciaire.

Enti'c Colomb et son hôte personne n'intervint.

La confiance du Père Juan Pcrcz fut spontanée et complète, parce que la démonstration était péremptoire ; parce que la grande mission de cet étranger se révélait à lui ; parce que le Franciscain possédait cette rare lumière du cceurqui éclaire les grandes questions, et sans les discuter les décide. Ses connaissances cosmographiques lui suffisaient h apprécier le système cosmique de l'homme que lui envoyait la Providence.

11 écouta, il comprit et il crut.

Ainsi, dans ce paisible couvent des Franciscains, la conception la plus large de l'humanité fut développée par le génie, accueillie par l'enthousiasme. Dans ce couvent l'on crut d'une foi implicili^ et soudaine à la sphéricité de la Terre, à l'existence d'îles et de continents ignorés, et à la possibilité d'y jjarvenir, alors

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