‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 23 sur 208 · LIVRE PREMIER — GIIAPITUE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER — GIIAPITUE

la Rabiila, le Pèic .liiim I'.ti'/ lui |irocma iino pctilc somme d'argi'iil, iM lui rcinil une Ictlrc de rccommandation pressante pour un homme important à la Cour, le |iririir de Prado, confesseur de la Reine, dont la bienveillante médiation lui vaudrait, disait-il, un accès facile et un accueil favorable. Comme le Père Juan Perez de Marcliena jugeait que, malgré sa noble origine, la belle-sœur de Colomb, femme du pauvre Midiar, ne pourrait, à Iluelva, donner une éducation convenable au jeune Diego, son neveu, il votdut se charger lui-même de son instruction. Ce fut donc sous le toit, avec le pain, le drap, les livres et la charité de la famille Franciscaine que le rdsd(; Colomb fut nourri, vêtu et instruit dans sa tendre jeunesse.

L'hôte du couvent de la Habida, ayant désormais le cœur rassuré et l'esprit libre au sujet de son enfant, prit congé du vénérable Gardien, et, accompagné de ses prières, se mit en route pour Cordoue.

La révolution religieuse d'Espagne, en décrétant la suppression des couvents, menaçait la Rabida d'une destruction prochaine. Par bonheur, la munificence de S. .4. R. le duc de Monipensier nous a conservé l'humble monastère où fut d'abord accueillie l'idée qui a doublé le Monde.

Le 1 1 mars 185i, l'illusln' Prime, l'Infante sa digne compagne, et l'admirable reine Marie-.\mélie allaient en pèlerinage, visiter l'auguste demeure qui si'rvit d'asile à Colomb. Elle tombait alors en ruine. S:'

CHRISTOPHE COLi>.MU. —

oO

ClIlUSTOPllE COLOMB

aucune espéranre, Pl ne daii;na pas mémo l'écouler. ['Vrnando de Talavei'a, qui devait cire son diligent introducteur auprès des souvei'ains, deviul le premiei" obstacle à l'issue de son projet. Cet homme sembla choisi pour exercer douloureusement sa patience et sa résignation.

Frère Fernando de Talavera, de la congrégation des lliéronymiles, Prieur de Notre-Dame de Prado à Yalladolid, et confesseur des deux Rois, n'élail poini un esprit vulgaire, envieux de la gloire d'autrui ou sysléniatirpiement hostile à toute iiléc nouvelle. Egalement versé dans les lettres et la tlii'ologie, il avait quelques années auparavant l'rancliement secondé le mouvement littéraire insj)iié par Isabelle. La sagesse de ses conseils égalait sa modestie. Son assiduité au travail, ses sagaces combinaisons venaient d'augmenter les revenus de la couronne de plus de trente millions de maravédis. .Vu milieu des splendeurs de la Cour, il continuait à mener la vie d'un véritable religieux.

Ce que nous connaissons de lui n'indique aucune étroitesse de vue. Mais tout docte et pieux qu'était le Prieur de Prado, il n'avait nulle notion spéciale des mathématiques, des sciences naturelles, et ne pouvait être compétent en matière de cosmographie. Il jugea sur les apparences, sans èti'c physionomiste, et dut nécessairement se tromper.

L'aspect de cet étranger, obscur, pauvrement vêtu, venu on ne savait comment en Fspagne, dont il apprenait la langue dans les antichambres, arrivé à la Cour sans autre appui que le patronage fortuit d'un moine, lui-même depuis longtemps confiné en un moulier

Page 1