‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 24 sur 208 · I.IVIil-] PlUîMIKR — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

I.IVIil-] PlUîMIKR — CHAPITRE IV

agrcsie, ni' liif donnait pas iim^ idôi; fort avanlagouse de l'Iioininc et consiMpiommeiU de sou piojrl. Il mit qiio le Pure Juan Peivz du Maivlicna avait (Hé aliusô par ce songe-creux. Aussi laissait-il son protégé se morfondre dans les escaliers, les vestibules, les salles d'attente, pour l'exercer à la patience, le lasser et le dégoùler enfin du métier de solliciteur. Il pensait en cela lui rendre service.

On peut juger dès lors si le Prieur de Prado, qui s'était fait une règle de ne se mêler d'aucune recommandalion, se sentait disposé à solliciter les Rois pour cet Italien. Il se serait cru coupable envers Leurs .Vitesses, en prélevant sur leurs occupations si urgentes quelques instants pour écouter un aventurier qui, ayant à peine un habit, venait leur oITrir des royaumes. Colomb eut donc à souffrir et à lutter en vain contre les préventions de celui qu'il avait espéré être son protecteur. Durant ces désespérantes et infructueuses tentatives, à bout de ressources, sentant durement les étreintes de la misère, il était réduit pour s'alimenter à recommencer ses copies de manuscrits, sa confection de cartes marines.

Perdu au milieu du lumidte, dans celle brillante Cordoue renommée par ses élégantes frivolités et les exigences de son luxe, Colomb se trouvait oublié, isolé, sans amis, sans relations familières, livré au plus triste abandon, lorsque, malgré son dénûment, une noble demoiselle, dans le voisinage de laquelle il était logé, voulut consoler son malheur en s'altachant à lui d'un nœud indissoluble.

Elle élail de haut parcnlap;(\ Sa naissance surpassait de beaucoup sa fortune, et sa beauté surpassait sa naissance. Elle s'appelait lîéatrix. Ce nom aimé de Dante semblait fait i)Our un Italien. Doua lîéatrix Enriquez appartenait à la noble maison des .\rana, l'une des plus anciennes familles de Cordouc, dans laquelle la vertu se transmettait par droit d'héritage, et qui malgré son peu d'opulence jouissait de cette respectabilité que n'obtint jamais la seule richesse.

Le laconisme dos historiens, souvent leur silence et toujours l'absence de Béatrix Enriquez dans les occasions solennelles, quelques paroles de Colomb à son Ht de mort, voilées d'une pudique réticence, et grossièrement interprétées, ont produit contre elle une prévention générale. En effet, les anciens historiens, après avoir rappelé le mariage de Colomb, n'ont plus parlé de Béatrix Enriquez. C'est qu'ils n'avaient rien à en dire. Sa modestie, la nature de ses goûts, de ses habitudes, qui l'écartèrent de la scène élevée où son titre devait la produire, son altachement à la cité natale dont elle ne s'éloigna jamais, empêchent de la suivre dans le cours de sa vie. Son histoire se bornait à son mariage, comme son bonheur à son union. La femme chrétienne jouit modestement de la gloire de son époux, et ne s'en pare point avec étalage.

En ce qui touche Béatrix Enriquez, les documents sont brefs mais positifs.

Il en ressort qu'elle était d'une haute noblesse et d'ime grande beauté. Sa fortune, inégale à son rang, lui assurait toutefois une existence indénendanle. Mais

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