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ayant des fièros, il est probable que suivant l'usage de l'époquo cl du pays, elle n'avait reru en dot que « sa li'Liilinie ». Le mariage de Béatrix Knriquez eut lieu à Cordoue vers la lin de novembre 1 i80. Elle devint mère de Fernando Colomb, le 29 août suivant.
On dirait que cette union élait i)rovidentiellement préparée pour lixer Colomb en Espagne, en rattachant, par les liens de la famille, sur cetti; héroïque terre devenue sa patrie adoptive. Si Ton considère sérieusement dans quelles circonstances s'accomplit ce mariage, on y surprend un caractère étrange, exceptionnel, conuiie la destinée de Colomb ; on y découvre associés l'inattendu, la grandeur et la soulYrance.
Cette affection fut puissante et généreuse du côté de Christophe ; touchante et poétique du côté de Béalrix.
Malgré sa noble origine, sa jeunesse, sa frappante beauté, elle épousait un homme alors sans nom, ou ne connaissait pas sa famille ; sans langage, il estrojjiait encore l'espagnol; sans jeunesse, il avait quaranteneufans; sans virginité de cœur, il élait veuf et chargi' duii lils; sans fortune, il ne possédait ni terre, ni rente, ni mobilier. Assurément, ses airs distingués, sa noblesse de formes et ses conversations d'une incorrection pittoresque trahissaient sa supériorité; mais son costume était forcément humble et pauvre. Ses cheveux entièrement blanchis, et les plis de son front n'oflraicnt plus de ces chances d'un long avenir sur lesquelles s'illusionne volontiers la passion. Il ne possédait pour espérance qu'un projet, trois fois repoussé
CHKISTUPHE COLOMB
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drins los Consoils dns Goiivnrnomonts. Sans nul tloiilc les Aranaol les Enriqiiez ('■taiciil opposés à celte iiiiidii qui les clinqnail dans leur légitime orgueil, leurs inli'rèls, leurs préjugés, leur raison même, et devait moins leur paraître une siir|iiise du cœur qu'iuie aberration de l'esprit. On ne put manquer d'en dissuader Béalrix, de lui représenter Colomb, cet obscur étranger, connue un audacieux hâbleur ou un visionnaire. Elle eut à soutenir l'opposition de ses proches, de ses amies, à braver les commérages et le ridicule, cette arme qui tranche toujours les velléités et emporte les résolutions vulgaires.
D'autre part, pour qu'une intelligence aussi ferme que celle de Colomb eût cédé àrcntrainementdu cieur, la beauté de Dona Béatrix devait être bien irrésistible, et ses qualités morales former avec sa personne un ensemble merveilleusement harmonieux. Mais s'il l'admira à cause de son charme, à coup sur il ne s'éprit que par son dévouement, et ne l'aima que parce qu'elle l'aimait. La reconnaissance, ce généreux sentiment qui s'enracine au plus profond de l'affection humaine, vint subjuguer la tendresse de cet homme, que rien n'aurait assujettie pendant qu'il renfermait dans sa méditation la plus vaste pensée de la terre.
Ce ne fut point un mariage de convenance, de fortune ou de position; ce fut une inclination pure, invincible, plus forte que l'ambition, l'expérience et le malheur. Ce lien était myslérieusemenl destiné à Christophe Colomb en épreuve suprême. Il fallait qu'il
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