‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 27 sur 208 · LIVRE PllEMIKIl · texte numérisé non relu

LIVRE PllEMIKIl

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C(; fut franclieiniMit et iini(|ni'monl sur n^ iiidlif religieux que se fonda Colomb, en s'iuiressanl à la reine de Caslille. Les avanla^^os polilitiues et commerciaux qu'il avail fail valoir aupi'ès des i:ouveiTiiimenls de Gènes, di; Venise et du Porlut;al ne l'urenl, ici pn''senlés qu'accessoirement. Le premier objet de la Découverte, déi;ai;('' de tout intérêt liumain, était donc la glorilieation du liédcmpteur, l'exlension de rËglise de Jésus-Christ. Voilà ce que les historiens avaient jusqu'à présent passé sous silence ou laissé dans une vague confusion.

Colomb, homme de désir \ la manière de Daniel, tout animé de l'esprit divin, sachant la tendre piété de la Reine, et ayant la bienveillance de son attention pour gage de sa sympathie, laissa parler son cœur. Son éloquence pénétra celui d'Isabelle. Dès ce premier instant, elle prit un indélinissable intérêt à cet étranger, dont le regaid liuuineux, le front éclairé de génie , le langage plein d'une élévation naturelle , malgré quelques incoi'reclions semées de défectuosités dans la prosodie, trahissaient la supériorité, et inspiraient avec la confiance une estime mêlée de respect.

Le Roi sans doute se ressentit un peu de cette influence ; mais son caractère plein de froide circonspection, opposé à tout entraînement de l'âme, l'empêcha de se prononcer encore. Il voulut qu'un projet fondé sur des données scientifiques fût d'abord vérifié par la science, et renvoya son appréciation à une Junîo de savants, qu'il chargea le Prieur de Prado de réunir et de présider.

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La commission (ioniK'c à iMM'iiando do Tal.ivora nV'lait pas aussi aisée à remplir (pi'oii ])0ui'i-ait^le croire. A celle époque la Caslilie ne eomplait f[u"iin petit nombre de cosmographes, et de l'aveu d'un liistoriogi'aphe royal, ils n'étaient guère habiles. A défaut d'un nombre sidTisant do cosmographes, le Prieur de Prado convoqua des Ihéologiens.

Salamanque, où la Cour passait l'hiver cette année-là, fut naturellement le lieu de la docte réunion. Pour assister le Prieur de Prado, on lui adjoignit comme assesseur son parent le docteur Rodrigo Maldonado de Talavera, régidor de Salamanque. La date de celte Junte mémorable n'a pas été retenue par l'histoire. Toutefois, deux circonstances particulières nous perniiMlenl de la déterminer fort approximativement. La Junte se réunit en novembre L48G.

Au jour fixé, Colomb parut devant ses juges avec vme grande tranquillité d'âme, malgré l'infinie distance qui le séparait de leurs idées.

Les uns croyaient fermement que la Terre est le corps le plus vaste de la création visible, le centie fixe de l'univers. Dès lors ils trouvaient tout naturel que le soleil tournât autour d'elle. Par sa masse, la Terre l'emportant sur tous les astres, elle seule était le but de leurs divers mouvements. Les autres estimaient que la Terre forme un cercle aplati ou un quadri-

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