‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 34 sur 208 · LIVRE PREMIER — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER — CHAPITRE V

obtint (]'iirijonrp uno aiidienco do la Roino. Alarnu' sur la iiloiic (lo la souveraine adoive, emporlé par son zèli', il lui oxprinia ainèivmont, d'un ton do rfproclii' cl de piainio, sa surprise de ee qu'elle eût l'aihii dans une occasion si facile, elle, (h^nt le eonragc s'était toujours montré invaincu. Il lui représenta combien cetlc entreprise méritai! sa protection, puisfpi'elle poiivail avoir de si |j;rands résultats pour la gloire de Jésus- Christ, le triomplic de l'Kglise et la prospérité de ses royaumes. Il lui rappela que la personne même di' Colomb, sa pureté, sa foi, sa science, sa supériorité sur les cosmot;raplies qui le condamnaient, méritaient créance ; d'autant plus qu'il ne demandait rien avant d'avoir donné lui-même.

Loin de s'offenser des remontrances de Luiz de. Sanlanjicl et de sa vivacité, Isabelle, qui en appréciait les motifs, le remercia de sa franchise. En ce moment survint .Vlonzo de Quintanilla, dont la vertu ass\u-ait le crédit. Son énergie appuya les instances si désintéressées de Santangel. Durant ce temps, à quelques pas de là, dans la chapelle de la Reine, le Père Juan Perez, prosterné devant le tabernacle, suppliait le Seigneur, par les mérites de la Passion de son divin lils, d'éclairer de sa grâce l'esprit si droit d'Isabelle.

Sans doute Dieu l'exauça.

Soudain la reine change d'attitude ; son regard s'illumine. Un mouvement mystérieux s'opérait dans son âme : Dieu lui o>ivrait l'entendement. Ses yeux se dessillaient : elle comprenait Colomb tout entier-, elle

voviiil ([iiel lioiiiiiii' lui avait l'iivoyi' la Providence, Alors, n'écoutant plus ([iii' la voix iiilérieure qui jiarlait à son cœur, elle remeicia de leur insistance ces deux lidèles sei'vants de sa gloii'i; ; et, avec i'acci'iil d'une résolution iinniuahle, déclaia qu'elle acceptait l'enli'cprise pour son propre compte, comme Reine de Castille. Elle ajuula ([u'il snail néi-essaiiv jidurlanl de la différer quelque peu, à cause de l'épuisement du trésor, suite de la truorre; que cependant si ce relard les méconlenlail, elle avait là les joyaux de sa chambre, et (pi'ou pn'udrait dessus la souuue que nécessiterait rarmement.

Aussitôt, par ordre de la Heine, un oITicier des ;4ardes l'ut expédié à toute vitesse jiour ramener r.oiomlt. 1! parvint à le raKraprr à deux lieues de Grenade, vers l'enln''!' du poni de Piuos, ct''lèl)re pai' les nombreux combats qui s'y étaient livrés. On dit qu'a- ])rcs tant de dégoûts et de déceptions, les lèvres con- I raclées par l'amertume qui débordait de son cœur, le grand bonnne bésila un instant à revenir sur ses pas. Mais quand il sut tout ce qui s'était passé, la ferme résolution d'Isabelle, le Héros obéit avec une soumission allédueuse, devinaiil (l(''jà la part réserv/'c dans son fpuvre par la Providence à cetle léunne, seule digne de lui èlrc assoiiéi'.

La Heine venait en elïet de i)ren(lre une détermination héroïque. Malgré la Junte des cosmographes, l'avis de ^on (lonsril juivi'', les repri'si'iilalions di' son confesseur, au(juel elle avait toujours montré la plus grande condescendance; uialgi'é le sentimcnl du Hui

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