‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 37 sur 208 · LIVRE l'IlEMlER — CHM'ITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE l'IlEMlER — CHM'ITRE V

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(.Mait'iil, àcctic (''[loquc, nritiirelli'set prosquo logiques, puisqu'elles s'appuyaient sur le raisonnement. Le télescope n'avait point enrore plongé dans l'étlier pouijauger l'espace, nouihrer les myriades de soleils de la voie lactée, prendre la projection des pics de la lune, compter les satellites de Jupiter et d'Uranus, décomposer le triple anneau de Saturne, peser les diverses masses, calculer les dilTérentes vitesses des mondes qui gravitent autour de notre soleil. La composition, le volume et le poids de la Terre n'étaient point fixés. Sa forme restait indéterminée.

Les uns la disaient plate et longue, continuée indéfiniment par rOeéan incommensurable; les autres la prétendaient carrée, mais cernée entre les glaces et la mer sans bornes. On niait radicalement les antipodes. On admettait des « zones inhabitables ». Par suite des imperfections de la nauti(iue, les enseignements des cosmographes se montraient bizarres et contiadictoires comme le chaos. Il n'est donc pas surprenant que cette confusion se répercutât sur les intelligences. Dans l'entendement, l'inconnu touche au ténébreux ; et les ténèbres sont formidables pour toute créature mortelle. On pensait que le chaos, l'Érèbe', se recelait dans les profondeurs extrêmes de cette mer que tous les cosmographes désignaient du nom de té.nébreuse, parce que d'après le géographe de Nubie, le shérif Edrysi, et au dire des navigateurs arabes, en approchant de ses parages, on trouve «de forts courants, des eaux obscures et peu de clarté dans l'atmosphère ». L'incertitude et l'obscurité de la science, au sujet d'une telle mer, semblaii'Ml justifier cette affreuse dénomination. C'était

GIIilISTOPIIE COLOMB

dans ia .\ii:ii Tr:M',i;i',i;iSK(|uo sechoquairiil les lurreiils pélagiques, (lue lourhillonnaient les goiilTres aii sein desquels se jouaient Béliémolh el le i;rand Lévialiian, eseoilés de nionslres subalternes.

Tous les ouvrages de géographie accrédilaienl le mauvais renom de lajiKii rivNiiRUEUSEjCar surles cartes di's cosmographi's on voyait dessinées autour de ees mois terribles : mark tenkbrosum, des ligures allVeuses, aupiès desquelles les cyelopes, les lestrigons, les grilfons, les liippoeentaures n'avaient que de bénigurs |ili\sionomi(^s. Lesg('!0g"ra|)lies ai'abes, cnipèclu's.par li' Koran de reproduire, des images (ranimaiix, se bornaient à earartériser celle mer au moyen d'un signe dont la sombre unité, sans effrayer d'abord le regai'd, n'en bouleversait pas moins l'imagination. C'était une main crochue el noire, celle de Salau! s'élcvant de l'abîme à la surlace, et prèle à entraîner sous les gouffres les navigateurs assez ti''mi''r;iires pour braver les eaux du JJ.viih-al-ïalmet.

Ces périls sous-marins n'étaient pas les seuls que courussenl les explorateurs : de gigantesques adversaires pouvaient, tout à coup, fondre du haut des airs. Dans ces latitudiîs, planait sur ses inuaiMises ailes l'oisi'au Ilock, (pii de son l)ec enievail, non pas un homme ou une barque, mais un navire chargé de loul son équipage, l'emjiortail dans la région des nues, et, de celle hauteur, s'amusait à le fracasser entre ses serres, pour le laissi-r tomber, pièce à pièce, houmies et choses, dans les liideu.ses vagues de la mi;r téné- LTiKrsi:. Certains jiassag-e^ d'auteurs graves attestent

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