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La nouvelle de la comiminicalion géographique, f lilo par le bibliolliécaire du Pape, vint sanclionncr l'approlialion que le Nonce apostolique, le Grand Cardinal d'i-lsiiagne, et le Francisrain cosmograplie Juan Perez de Maniiena donnaient aux idées de Colomb. Évidemment le patronage du clergé semblait servir de caution aux assurances de cet étranger. La déliaucc à son égard devint moins générale.
Bientôt le bruit courut que l'aîné dos trois Pinzon, communément appelé le senor Martin Alonzo, goûtait le projet du Génois. On ajoutait même qu'il se proposait de tenter l'aventure sur la iV/»», jolie petite caravelle appartenant à Vincent Yancz Pinzon, le plus jeune des trois frères, destiné à compter parmi les grandes célébrités de mer. En effet, les trois Pinzon avaient signé une convention avec l'ami du Père Juan Perez. Leur exemple seconda merveilleusement les influences du Gardien de la Rabida. La plupart des marins commencèrent à se rassurer.
Le crédit des Pinzon était grand à Palos. Le senor Martin .\lonzo faisait le commerce des agrès et des munitions pour les navires ; il était le principal fournisseur de la marine dans ce port. Sa fortune, ses connaissances, l'ancienneté de sa famille le plaçaient à la tète des notables de la cité. Dès lors, sans que Juan de Peûasola eût là sévir de nouveau, Palos offrit en exécution de sa corvée, comme seconde caravelle, une certaine petite caraque vieillie à la mer, nommée « la Galh'fja » grande comparativement, grosse et lourde, mais très-solide. Quoique impropre au service auquel on la destinait, ni Colomb, ni le frère Juan
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Ferez, son ronsoil, n'osèrent la refuser, de peur d'allonger ainsi les retards déjà si grands à leur impatience. La petite earaque Gallega lui donc acceptée en (pialilé de cai-avelle ; et l'on se mil à l'équiper. Colomb la liioisil méine pour y arborer son pavillon de comiiiandaiil. SimiIciiicuI il cliani^va d'abord son nom pour la rendre chrétienne ; la plaçant sous la protection spéciale de la Sainte Vierge, il la fil bénir et appeler hSaiila-Maria.
Au milieïi des préparatifs de l'armement, Christophe Colomb continuait à mener la vie d'un disciple de l'Ordre Séraphique. Il ne sortait du couvent que par nécessité, s'occupant du soin de son âme, et avançant dans la perfection chrétienne. Ses jours se passaient dans l'oraison el la contemplation des mystères. Il tâchait de devenir de moins en moins indigne de la Ijonté de Dieu, qui l'avait daigné choisir pour une œuvre sans égale parmi les hommes. Il ne s'énuil aucunement des délais, des frayeurs, du mauvais vouloir de la cité, bien qu'ils formassent à son départ des obstacles si sérieux que l'autorité royale ne pouvait les vaincre seule.
L'histoire a gardé le souvenir des généreux efforts du Gardien de la Ra])ida pour rassurer les esprits, stimuler les courages; mais on ne voit point apparaître Colomb. Lui qui, dans ses voyages postérieurs, déjiioya tant d'activité et s'occupa des plus minimes détails, ne paraît pas celle fois s'être donné le moindre mouvement.
Comprenant que sa qualité d'étranger, de Génois