‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 41 sur 208 · LIVRE PUEMIRR — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE PUEMIRR — CHAPITRE V

larii'i'iir (l(> planche. Cos diMix carav^lli^s, l'irali'mcnl, pourvues d'artillerie, avaient des canons de Ibnle à l'arrièie et des espiiigardes à l'avant. Les vivres consistant en bœuf fumé, porc salé, biscuit, riz, pois (biches, fèves, haricots, harengs, oignons, vin, huile, vinaigre, sel, etc. , pouvaient suffire pour un an à chaque caravelle. Ces trois navires, re[)résentant des biicksde dix, seize et vingt canons, furent munis chacun de deux pompes en bois pour parer aux voies d'eau. Aujourd'hui aucun ainicd ne .se hasarderait à une exploration lointaine sur de pareilles ourques. Mais comme, sauf la Santa-Muria, les deux caravelles offraient de bonnes conditions pour approcher des côtes, que les équipages et les vivres étaient suffisants, Colomb les trouva, disait-il, « très-propres à une semblable entreprise, » il passa alors la revue du personnel de l'expédition.

Sur la Santa-Maria s'embarquèrent suivant l'ordre des préséances :

L'honorable Diéno de Arana, "rand Almiazil de la flotte, neveu par alliance de Colomb; Pedro Gutlierrez, garde-meuble du Uoi, atlailié à la comptabilité de la couronne; Rodrigo Sanchez de Ségovie, nommé par les souverains Veedor , contrôleur de l'armement; Rodrigo de Escovedo, notaire royal, chargé de dresser les actes et procès-verbaux, suivant l'occurrence; le bachelier Bernardin de Tapia, historiographe de l'expédition.

Après eux venaient, en qualité de lieutenants de vaisseau, les pilotes : Per Alonzo Nino, vrai loup de

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mer; liarlhélfimy Roldani, maria sprculak-ar, \Am ni''û(i(iant que ijiililairc; i'eriiaïul Perez Mallieos, rspril inquiet et envieux; Sanelio Ruiz, passionné pour le serviee; Ruy Feinandez, bon oflieier ; Juan de la Cosa, surnommé « le Biscaïen, » habile dans la théorie et hydrographe par instinct. Suivaient l'interprète de l'expédition, juif converti, baptisé sous le nom deLuiz de ïorrez, qui savait le latin, le lirec, l'hébreu, l'aiabe, le copte, l'arménien; puis le mélallurgi.ste ofticiel Casiillo, orfèvre à Séville.

Le service de santé se composait d'un certain maître Alonzo, médecin médiocre, et d'un très-bon chirurgien, niaîlro Juan, aimable et compatissant auprès des malades. Un homme intrépide et modeste, le vertueux Diego Mendès, François Ximenès Roldan et Diego de Salcedo, attachés au service personnel de Colomb en ([ualitéd'écuyers, prirent place avec deux de ses amis, curieux de l'inconnu , près de la grande cabine qu'il occupait sous la dunette du château d'arrière.

Outre Jacomo, le maître d'équipage, et le maître de manœuvres, qui étaient Génois, il y avait à bord un maître charpentier, un maître calfat, un maître armurier, un tonnelier, des matelols et des mousses au nombre de quarante ; parmi lesquels se trouvaient un Anglais nommé Tallarte de Lajcs, un Irlandais appelé NYilliam Ires, deux Portugais et le Majorcain Sébastian ; ce qui formait, avec un domestique et les deux cuisiniers, un total de soixante-six personnes.

Chose à remarquer : parmi les hommes de l'équipage de la Sanla-Maria, aucun n'était de Palos; tous ve- Dai(>nt du dehors, la plupart de Séville ou de la pro-

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vince d'ihiplva. Mais en rcvandio, sur la plus j^ramlo, (les deux caravelles, la Pi»la, officiers et matelots étaient tous dos habilanls de Palos, ou parents, ou amis, ou voisins des Pinzon. Même radiairateur de Colomb, le médecin Garcia Ilernandez, dominé par ses rapports quotidiens de voisinage, ne s'était pas emhanjué à bord de la Sa>ila-}farUt. 11 avait suivi comme un patron naturel le senor Martin Alouzo, son ami de longue date.

L'aîné des Pinzon montait la fine voilière Pinta, dont il était capitaine. Il avait pour lieutenants son tVère François-Martin Pinzon, son cousin Juan de Ungria et Cristobal Garcia Xalmentio ; comme médecin, Garcia Ilernandez de Palos, l'ami du Gardien de la P\abida; et en qualité de commis aux vivres, un autre Garcia Ilernandez, natif d'IIuelva, obstinément confondu avec le précédent par les historiens; peur aides, un Garcia Vallejo, leur parent, puis un Garcia Alonzo et encore un Garcia Diego; le maître et le contre-maître Gomez Rascon, et Cristobal Quintero, propriétaires du navire. Ce dernier était suivi de son parent Juan Quintero, dit l'Argenteux. Enfin venaient Diego Fernandez, Colmenero, Diego Bermudez, Bartholomé Colin, et d'autres, également obligés ou voisins de la maison du senor Martin Alonzo. A l'exception de Juan Rodriguez Bermejo, né à Molinos, le reste des matelots était de Palos ou de Mogiier, pays que souvent leur proximité faisait confondre en un seul. L'équipage de la Pinta s'élevait à trente hommes, officiers compris.

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La rnqueltf ci jolie marcliousfi Niiia, rommandéi; par Yiiiionl Yane/ Pinzon, Ibrlo (io vingl-qiiatrc hommes seulement, portait le reste des allirs, des amis et des roisins de Pinzon.

Un ne peut douter que (lolomb, en achevant sa revue des équipages, ne leur ail, conformément à ses hahitudes, adressé une allocution, et que, cédant au besoin de son cœur, il ne leur .ait parlé de Dieu, entre les mains duquel ils avaient tous à remettre leur Ame. Quelle que fût la résolution de ces hommes, le moment du départ approchant, une grande appréhension s'empara de tous les esprits. L'imminence du danger dans une pareille expédition tourna les cœurs vers le Père des miséricordes. Chacun songea à se réconcilier avec Dieu, à se confesser et à obtenir l'absolution de ses lautes. Après quoi, ils se rendirent ensemble, processionnellement, au monastère de la Rabida, leur commandant à leur tète, pour implorer l'assistanco divine, et se mettre sous la piolection spéciale de la sainte Vierge. Ils entendirent la messe, et reçurent la sainte Eucharistie de la main du Père Juan Perez de Marchena, et revinrent dans un ordre religieux sur les caravelles.

C'était une cérémonie touchante et triste. Toute la ville de Palos partageait l'attendrissement des marins ; il y eut bien des larmes versées dans la chapelle de la Vierge.

.Vlin de mettre à. profit le premier vent d'est qui se lèverait, les équipages furent consignés à bord. Aucun oflicier n'eut la permission de coucher à terre. On

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