‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 42 sur 208 · LIVRE PREMIEil — CIIAPITIIE V · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIEil — CIIAPITIIE V

hissa le pavillon de parlancc. Colomb, ayant comrnandi qu'on roui'ùl lo pi'évcnii' dès que s'annonciM'ail if veu désiré, embrassa son jeune tils Diego, que lui rendait son généreux instituteur Juan Ferez, et ayant confie doublement au bon abbé Martin Sanrlioz cl à liodrigucz Cabezudo, accourus de Mogucr pour recevoir ses adieux, le soin de conduire cet enfant à Cordoue, chez sa femme Dofia Béalrix. où devait s'achever son éducation, il retourna à sa cellule de la Rabida.

A partir do ce moment, il paraît n'avoir plus eu de co:iimunication qu'avec le vénérable Juan Ferez de Marchena. Ni h crainte, ni l'idée du danger ne le préoccupait. Il ne s'embarrassait plus des hommes, mais il ployait sous le faix de son mandat immense. II allait découvrir des secrets, peut-être formidables, dérobés à la curiosité des hommes depuis la création du monde. Son temps se passait à consulter Dieu, à l'écouler, à purilier son cœur, pour qu'il méritât d'être le temple du Saint-Esprit. Sa connaissance des saintes Ecritures élargissait son intelligence. Il se sentait destiné à une mission plus grande peut-être qu'aucune de celles qu'eût jamais reçues un être mortel. II allait remplir un apostolat inouï, porter la Croix à travers la MER TÉ.xiiiiriELSE, daus des rétrions ignorées, et mettre les héritiers de la postérité de Japhet en relation avec leurs frères, anciennement perdus, de la famille de Sem.

Enseveli dans ce paisible monastère où il avait rencontré tant d'encouragements inespérés, sa foi simple et ardente s'épanouissait devant Dieu; l'élévation de

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sa sagesse, racrumiilation de sa science n'apportaient aucune gène aux tendres épanchcmcnts de sa piété et à la candeur do sa dévotion. Méditant son livre favori rKvani;ile de saint Jean, il s'élevait comme Taigie de Palliinos dans les profondeurs du Verbe par qui tout a été fait. Son âme tendrement aiiuanle passait dans l'oraison et la conteini)lation tous les instants que ne réclamaient pas les ol'lices du cliœur. Car il suivait scrupuleusement la rèylc de saint François.

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Dans la nuit du 3 août, vers trois heures, Colomb se réveilla tout à coup au doux susurrement des pins, dont la brise de terre commençait à b(MTer les cimes. L'ouïe subtile du marin reconnut bien vite le vent attendu.

Ce jour était un Vendredi.

Le A'endredi réputé de funeste augure, et objet d'une superstitieuse aversion chez les gens de mer, devenait au contraire pour ce fervent chrétien un fortuné présage : car c'élail le jour de la Rédemption ; délivrance du Saint-Sépulcre, par le França de liouilloii ; celui de la reddition de Gr palladium du Mahomélisme dans l'Occident, dredi parut donc à Colomb un jour [jrovidi destiné.

Sans nul doute, quiltanl aussitôt sa cel frapper lui-même à celle du Père Gardier celui-ci dut réveiller le fièi'c [)orlier qui vi les cierges de l'aulel et tout préparer pour

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