‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 45 sur 208 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

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PRÈS trois siècles et demi d'cxpérienco et do naviiJiation, on ne peut eneore s'avancer dans l'Atlantiiiue, à ccnl lieues par delà les Açores, sans s'étonner do l'audace de celui qui, le premier, pcni'tra volontairement jusque dans ces laliludes.

A la distance où nous sommes de ce jour mémorable, onuncnt nous défendre d'admirer encore ce courage

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CHRISTOPHE COLOiMH

siipLTieui' el caliiip, ci'Ite voloiili'' (loiniiuitricc qui dut faire face à l'invisible, terrasser rinconnu, le formidable ; dompter les préjugés aveugles des pilotes cl les irritables terreurs des matelots; se soumellre toute puissance créée, vaincre les éventualités les plus terribles et les fantômes dn rimaginalion, non moins dangereux que les sinislri's de mer ; braver la science de l'époque, affronter les ennemis inconnus : les monstres marins, toute créature possible dans les airs cl b^s eaux, les goulfres, les courants, les trombes, les calmes, la famine, la mort parla soif! Seul un liomiin', malgré les liommes, osait entreprendre, coniri' l'immcnsité,de sonder des espaces redoutables, qu'aucune nef n'avait sillonnés, et d'où nul mortel n'était revenu, si jamais le hasard ou la résolution y portèrent un être uimain !

Cette héroïque navigation dont la moindre journée eflace l'éclat mythologique des Argonautes et di' toutes les expéditions maritimes de l'antiquité, cette tentative catholique sur l'Océan pour promulguer l'Kvangilo dans le reste de la famille humaine éparso au delà des flots, ces doubles prodiges de l'audace et du génie qu'inspirait la Foi, dominant les contradictions tie la science et des terreurs contemporaines, ces merveilles sans exemple que le lyrisme de l'épopée et la harpe aux accords sublimes sembleraient à peine dignement célébrer, notre humilité trouvei'a le dur courage de les raconter prosaïquement, clairement et succinctement. Nous suivrons nœud à mcud, au sillage de ses

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