‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 46 sur 208 · I.IVHK PREMIER — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

I.IVHK PREMIER — CHAPITRE VI

nefs, à SCS clinngomonls di^ manœuvre, ;\ ses viromonts (11' boni, cnllo ii;ivii;atioii ('■lonnaiilo, disant ses jours et ses nuits avec la simplicité d'un livre do loch.

Après avoir commandé au nom de Jésus-Christ de déployer les voiles, Christopiic Colomb entra dans sa cabine construite sur le château d'arrière, et, prenant la plume, commença son journal de bord, également au nom de Notre-Seigneur Jésus-Chrisl : « In nominf,

DOMINI NOSTRl JliSU CllIUSTI, CtC. »

Ce prologue, que nous possédons en entier, expose dès le début le caractère spécialement chrétien de l'entreprise. Le désir de pénélier l'espace, le vœu d'évangéliser les peuples supposés dans cet inconnu géographique attestent, par li'ur connexité de but, que cette expédition fut, avant tout, un grand acte de foi catholique.

Le premier jour, les caravelles poussées par une l)oniie brise avaient le cap au sud-ouest quart sud.

Le lendemain, samedi, tout alla bien.

Le dimanche, ~j août, on francliil plus de quarante lirues.

Le lundi, la brise fraîchit sensiblement. Bientôt la Pinla lit un signal de détresse, son timon s'élail démis ; les pièces en étaient désassemblées. Colomb ne pouvant remédier à l'accident, à cause de la houle, parce qu'il ventait grand frais, s'approcha cependant,

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suivant la coulumc des amiraux do, Castillc en cas semblable. Il reconnut là une niachinalion des prapriélaires du navire : Gomez Rascon et Cristobal Quin- (ero, qui avaient déjà essayé ce inême uioyi'U de relarder le départ, espérant s'y soustraire. Martin Alunzo Pinzon, le capitaine, lit assujettir fortement par des cordages les pièces démontées, et l'on continua à l'aire route. Le lendemain, la mer grossit; le gouvernail se disloqua de nouveau. On le rajusta comme ou put, et l'on se dirigea sur les Canaries. Les pilotes des trois caravelles se contredisaient sur le rumb à tenir ])Our y aboider au plus tôt. Colomb dit son avis, tout opposé au leur, et l'événement lui donna raison.

Ils arrivèrent dans la nuit. Le commandant ordonna au capilaine de la Pinla de rester à la Grande-Canarie, pendant qu'il tâcherait lui-même de se procurer un navire pour la remplacer. Ayant inutilement clierclK; cl attendu pendant plus de trois semaines, il fit radouber la. Pinta, poser un nouveau gouvernail, et changer en voiles carrées la voilure triangulaire de la Nifia. Après avoir renouvelé leur provision d'eau, de bois et jiris des vivres frais, ils appareillèrent le jeudi G septembre. En ce moment un bâtiment qui venait de l'île de Fer apprit au commandant que trois caravelles portugaises croisaient dans ces parages pour l'enlever. Lacolère du roi Joam II, courroucé du refus de Coloud), le poursuivait sur l'Océan; et jiour condjle d'inquiétude, un calme plat le fixait dans les eaux de la Gomera, en vue du pic de Ténériffe dont les éruptions volcaniques épouvantaient l'équipage.

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