‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 47 sur 208 · I.IVItK PllEMIEIl — CllAlMTKE VI · texte numérisé non relu

I.IVItK PllEMIEIl — CllAlMTKE VI

Celle silnalion pleine d'anxiété dura du jeudi uiatiii j^r-f] au samedi avanl l'aube. Enliu, piolilarit di's moindres souffles, il avanea un peu el reeonnul la dernière di's Canai'ies, l'île de Ker, préeiséuienleelle où ralteudaieul les racavelles portugaises. « Il se trouvait donc, dit \VasIiinj,4on Iiviu(^, dans le voisinage du danger. Il'ureuscinenl une brise s'éleva avec le soleil, les voiles se gonflèrent de nouveau, et dans la journée les hauteurs de Ferro s'eflaeèrent graducllenu.'nt de l'iiorizon. » Dès le début de cette étonnante navigation, nous constatons, par les propres paroles d'un écrivain protestant, le premier secours que reçut de la Providence son messager Christophe Colomb. Ce ne fut pas le seul. Dieu ne cessa de l'assister. Si les lois ordinaires du monde ne furent jamais interverties eu sa faveur, toutefois les coïncidences les plus heureuses arrivèrent toujours;! son aide, avec un à-propos tellement miraculeux, qu'elles dispensaient de miracles.

Ici finissait la science des plus liabiles marins ; on allait entrer dans les régions de l'inconnu. Tandis que le cœur de Colomb palpitait d'une noble joie en s'élançant sur une route que nul homme n'avait parcourue, l'écjuipage, après avoir vu disparaître les dernières cimes de l'ile de Fer, se prit à se lamenter. Les matelots se désolaient, désespérant de jamais revoir la patrie. L'amiral s'efforça de les rassurer, leur parla de ce qui pouvait tenter ces esprits matériels et cupides.

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Il les ranima un peu. Cependant par prudence, à dater de ce jour, il écrivit la route sur deux livres distincts, en marquant une distance de convention ]iour ré(|iiipai;ï', et gardant le cliiffrc vrai pour lui seul. Il craignait d'alarnuM' sesoiTiciers eu indicpiant un trajet trop long : sa prévision ne fut pas en défaut.

Durant trois jours et trois nuits, il continua de voguer au sud-ouest, corrigeant fréquemment l'erreur des timoniers, dont la main craintive hésitait à. maintenir la barre dans une direction si franchement opposée à l'Europe. Sous une brise propice, il mesurait les jilaines mouvantes de ces espaces formidables, et s'éloignait toujours plus du vieux monde. En s'avancant ainsi vers les terres inconnues, tout ce qu'il 'prouvait de joie et de confiance était ressenti en amertume et en secrète désolation jiar les équipages.

Cependant peu à peu, tandis qu'on marchait vers l'ouest, commençait à se faire sentir une notable différence dans l'éclat du jour, Felfct des lointains, la teinte des eaux. Les cieux aussi paraissaient changer. Les constellations familières aux marins semblaient s'éloigni'r, s'alniisser à l'horizon et disi)arailn'. Mrun' la régularité de la boussole fit exception à ses invaliables lois.

Le 13 septembre, le génie de Colomb subit une rude épreuve. Son regard attentif surprit le premier indice de la variation magnétique. Ce fut la j)reniière (ois, depuis le commencement de l'histoire, que se fit une semblable observation.

Colomb vil qu'à l'euli'ée de la nuit l'aigu illo aimantée,

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