LIVRE PREMIEH — CHAPITRE VI
an lion do sf diriger verslT-toilo polaiiv, allait au nord ouest, otqiio le leademain, au point du jour, rr-cartonient était encore plus martpir. Ain^i, son unique guide, la boussoli', dont rintaillibililé sculerassurait encore un pou les pilotes, commcnrait à le trahir, et il se trouvait destitué de tout appui des sciences. Le commandant se garda bien de communiquer cette effrayante découverte aux oKicicrs de l'expédition, dont le front se rembrunissait déjà.
Le vendredi, un présage heureux pour de vulgaires esprits ranima l'espérance des matelots. L'équipage de la Niila vit une hirondelle de mer et un paillc-enqueue, les premiers oiseaux qii'on eût aperçus depuis la Gomera. Le lendemain soir, un météore en forme de rameau igné, un bolide magnifique, parut tomber du ciel, à une dislance d'environ quatre lieues. L'équipage en fut épouvanté ; le contemplateur de la création s'en émerveillait au contraire. L'expression de son admiration se trahit par un mot sur son journal.
Le dimanche, des nuages et des brumes s'élevèrent des eaux. Colomb remarqua la douceur de la température, la transparence des vagues, l'éclat du ciel plut diaphane, quelque chose de doux et d'une agréable senteur marine. A une certaine dislance le ton de la mer se nuançait de vert. On voyait la plaine azurée se diaprer d'herbes très-vives, qui semblaient fraîchement détachées des rochers. Tous accueillirent avec joie cet indice delà proximité des terres. Mais le commandant ne partagea point leur erreur, et dit : « Je calcule que la terie ferme est plus loin. » On était poussé par
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un vent a.iin'Mble ; h-s couranls favorisaioiil la navigation ; l'herbe se montrait à foison ; c'était du £;oi'mon dos rochers ; et cependant réquii)a,u:e reslaii siimlirc. Les pilotes ne parlaient pas, mais se regardaient avec uni^ tacihirnilé sinistre. Ils ne se plaignaient point ; ils seniMaient voidoir mutuellement se rai'her la cause de liMir inf[uii'tu(le. Le coinmandanl les devina : ilsavaii'iil ciiliu aperçu la variation magn(''lique. Alors son génie mit àleur jtorlée une explication scientilique de ce phénomène, qui les rassura pour l'instant.
Le 17 septembre, ils atteignaient déjà ces parages où l'induence tropicale se faisait délicieusement sentir. « On éprouvait un vrai plaisir cà jouir de la beauté dos matinées, dit Las Casas ; il n'y manquait que le chant des rossignols. Le temps était là comme au mois d'avril en Andalousie. » L'air devenait de plus en plus tempéré.
Vers cette partie du Globe qui avoisine les praii'ies océaniques, une mystérieuse division cosmograplii(pie semble s'opérer dans les cieux comme dans les eaux ; quelque chose d'inconnu et d'inéprouvé agit sur l'honmie. On a des aspects imposants ; on ressent la lointaine puissance des régions équatorialesel les présages du ciel austral.
Sous ces majestueuses latitudes, l'Océan ne le cèile