LIVRE PRRMIER — CHAPITRE VU
;|p son aitnanto {ïrafitudo uno ad irable priôrc dont riiisloiiv a l'ociii'illi les premiers acrents : « Seigneur! DiiMi éternel et loiil-piiissanl qui, par ton Verbe sacré, as créé le firmament d la tene et la mer! qui' ton nom soit béni et glorifié partout. Qu'elle soit exaltée ta M;ijesté qui a daigné permettre que, par ton humble si'iviti'ur, ton Nom sacn'' soit connu et prèciié dans cette autre partii' du monde!... »
Sa reconnais.sance, sa piété se soulagèrent en expressions sublimes. Puis, se redressant avec dignité et déployant dans toute sa largeur l'étendard de la (aoix, il otlVit à .lésus-ChrisI les prémices de sa découverte. Afin de rendre gloire à Dieu qui la lui avait montrée, après l'avoir sauvé de tant de périls, il imposa à cette île le nom de Saint-S.\uveur (San-Salvador).
Après quoi, il tira son épée; soudain tous les officiers firent ainsi à son exemple. Alors il déclara prendre i)Ossession de celte terre, au nom de Xotre-Scignour Jésus-Christ, pour la couronne de Castille. Puis il requit le notaire royal, en présence du commissaire de la marine et des capitaines, d'en dresser acte dans la Ibrme prescrite.
La Découverte étant accomplie, les conditions du traité avec les Rois, signé dans la plaine de Grenade, se trouvaient validées par l'événement. En conséquence, les titres de Vice-Roi, de Grand-Amiral, de Gouverneur génfM'al des iles et terre-ferme qu'il découvrirait dans les Indes étaient définitivement acquis à Colondj. Immédialement tous les assistants, pleins d'admiration
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el d'enthoiisiasmo, ie reconniinMil pour Amiral de l'Océan et Yire-Roi des Indes. En relie qualité ils lui prêtèrent sermiint d'obéissance. Piusicurs d'entre eux lui exprimèrent leurs rep^rels de leur conduite, le prièrent d'oublier des menaces inspirées par la peui-, et promirent un dévouement égal h leur soumission.
L'Amiral, ayant déclaré sa prise de possession, commanda aux cbarpentiers, munis de leur bâche, de couper deux tiges d'arbres et d'en former une grande Croix. L'île inconnue qui venait d'être offerte au Sauveur et nommée de son nom San-Salvador s'appelait « Guanahani » dans la langue des indigènes. Elle est au centre de la première ligne des îles Lucayes el occupe le milieu dans ce groupe allongé qui forme l'arcbipel de Bahama. Bien qu'on n'y aperçût aucune habitation, elle était assez peuplée ; mais les naturels éiiouvanlés à l'apparition des caravelles, qu'ils prenaient, les uns pour des monstres sortis de la mer, les autres pour des êtres venus du ciel, s'étaient blottis tout tremblants aux plus épais fourrés des bois.
Pendant que le notaire royal, Rodrigo d'Escovedo, entouré des officiers de la couronne, du commissaire de la flotte, du Veedor ou contrôleur de l'armement et des deux capitaines, rédigeait sur son genou le procèsverbal de la prise de possession, les habitants de l'île, qui jusque-là s'étaient tenus cachés derrière le feuillage, peu à peu se risquèrent hors de leur retraite. Rassur(''s par l'expression de sérénité, de grandeur et de bienveillance répandue sur les traits de Colomb,
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