‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 57 sur 208 · LIVRE PliEMlEU · texte numérisé non relu

LIVRE PliEMlEU

t.; MA PITRE VII

q>io sa haute stattiro, son riclio rostumo, l'ôrlat do ses armes cl la liéréruncede son eulourage leurdésignaieiii comme le chef de ces êtres mystérieux, ils s'avancèrent â petits pas, les nus après les autres; puis osèrent s'approcher avec treinhlement et se prosterner devant ces visiteurs étranges. Ils s'enhardirent successivement jusqu'à les toucher, pour s'assurer (ju'ils ne faisaient pas un rêve; palpant leurs vêlements, leurs jambes; s'étonnanl surtout de leur barbe. A l'exemple de l'Amiral , les Espagnols accueillirent par une bonté soul'iante ces na'ifs enfants des îles, el se prêtèrent cornplaisamment à leur examen.

Dès son arrivée dans le Nouveau Monde, comme s'ilseusseut deviné son goût des paiiïims, les indigènes oiTrirent en hommage à Colomb un faisceau d'herbes sèches, odoriférantes.

LAmiial reconnut, à leur subite sympathie, qu'on les rendrait aisément chrétiens, en usant de douceur plutôt que d'intimidation. Pour les bien dispo.ser, il leur distribua quelques bonnets coloriés, des verroteries de Venise, des grelots et d'autres bagatelles qui semblaient à ces habitants des bois d'une valeur inestimable. Ils onVaient respectueusement tout ce qu'ils possédaient aux Espagnols. Ceux-ci passèrent le reste de la journée à se délasser et se récréer sous ces frais bocages.

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Aussitôt que les charpentiers eurent terminé leur •avail, Colomb, encore tout ému de reconnaissance, cœur embrasé d'amour évangélique, fil agrandir le Iroii i(u'avait creusi' la hamne de l'étendard planté sur

celle plaffc conquise à Jrsus-Clirist. On y dressa 1a Croix qu'il soutint doses propres mains, cnchantaiil l'Iiymne Vexilla ref/is pv(yh'uiil. Puis, quand le sirène sacré fui solidcmenl fixé dans le sol, il enlonna le chanl de la vietoire, le vaillant « Te Deiun laudamns. »

Coioinh ne lit point dresser celte Croix en ce lieu, simplement pour y laisser sa marque de premier occupant ; mais afin de consacrer par ce signe le but de sa Découverte, et d'indiquer déjà, sur cette frontière avancée du Nouveau Monde, (pi'il en prenait possession, au nom du Rédempteur des hommes, Nolre-Sei- Lineur Jésus-Christ. Comme le jour touchait à son tir'din, il dit la prière du soir devant l'image de la Croix ; ensuite reprenant l'étendard de l'expédition, ce Z,flk/rH»i par lequel il avait vaincu l'horreur de la Mer ténébrelse, l'elTroi de l'immensité, les caprices des flots et les mutineries des hommes, il retourna sur sa caravelle.

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Le lendemain, au point du jour, déjcà les naturels entouraient les trois navires, dans des pirogues faites d'une seule pièce, creusées en un tronc d'arbre, et d'un travail admirable, si l'on songe à leur ignorance du fer. Ils ramaient avec une sorte de pelle à four courte et large, nommée pagaie. Ils apportaient des pelotes de coton filé, des javelots, des perroquets apprivoisés, pour faire un commerce d'échange. Tout ce qui venait de ces merveilleux étrangers leur semblait précieux, même des morceaux d'écuellesetde verre cassé. Ils donnaient jusqu'à trente livres de coton filé, pour une blanche de Caslille Cenviron deux liards). Mais

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