CHAPITRE VII
d'('riiellcs on torre onilo. L'Amiral p;issa dtMix jours (iaiis ceUo île, allPiiilaiit rcucasion d'un Iroc considérahlc iMi or, ([ii'oii lui avait l'ait espérer. Il examinait eui-ii'iisiMiierit le sol eiropulriK rde sa vcgélalioii. Il dit lui-inr'ine: « La diversité des arhrcs et des fruits dmil ils soûl chargés, et les parfums doiil l'air esl embaumé, me remplissaient d"ét(iniii'mriil et d'admiration, et sembleraient devoir relcnii' dans ce séjour l'homme qui l'a vu une fois. »
Au milieu de son enchantement, Colomb se désolait de ne pas connaître les noms et les propriétés de ces végi'taux si divers. Il ajoute : c .l'étais on m^ peut plus chagrin de ne pas les connaître, paice (pie je suis bien certain qu'ils ont tous beaucoup de valeur. »
Tout en se promenant au bord d'un lac, l'Amiral aperçut un affreux .saniien, armé de griffes, à écailles hérissées, à la tète hideuse; c'était un léguano (l'iguane d'aspect horrible , quoique inoffensif par ses habitudes). Le voir et l'attaquer fut la même chose pour Colomb; car il importait d'aguerrir l'intrépidité espagnole contre les formes animales, les produits vivants de ce sol inconnu. L'iguane se précipita dans le lac ; mais, comme l'eau n'était pas très-profonde, il l'y l>oursuivit et l'y tua à coups de lance. Sa peau, que l'on conserva, avait sept pieds de longueur.
Cependant, avec son immense désir de connaître les œuvres de Dieu et d'ac<|uérir de l'or, Colomb était
coûrondii par la miiltitiido d'îles, do forros, la masse d'objets nouveaux s'ollVaiU à sa ri''lli'\i(iu aulaiit (jn'à son enlhousiasmo. Aussi, dut-il se résigner à eouijilei' les nouvelles terres, sans rien approfondir. « Mon dessein n'est pas de visiter ces pays si en détail, écrivait-il à la Reine, parce que je n'y réussirais pas en cincpiante ans; et que je veux, au contraire, voir et découvrir, le plus que je pouri'ai, des pays nouveaux. »
Dans ce premier voyage, après avoir découvei't ces régions inconnues, il avait moins pour Lut d'observer la Nature que d'acquérir de l'or, et d'en composer une masse considérable. Il cherchait l'or, afin d'intéresser l'Espagne à la continuation des découvertes, en montrant la preuve palpable de leur importance. 11 cherchait l'or surtout, pour commencer le fonds de l'immense trésor qu'il voiilait amasser. La délivrance des Lieux Saints, le rachat du tombeau de Jésus-Christ étaient toujours devant ses yeux, comme l'objet de sa suprême ambition. 11 voulait donc recueillir, pour les convertir eu or, les épiceries, les choses préciiMises que produit l'Orient, dont il pensait avoir abordé les fionliéres. .Mais c'est l'or qu'il poursuivait principalement. Partout il s'enquérait diligemment du pays de l'or. La vue de l'or excitait en lui une brûlante convoitise et presque un amoureux désespoir. Jamais, peut-être, chrétien ne souhaita l'or d'un désir pareil. Ne le trouvant pas aussitôt qu'il l'avait espéré, il s'adressait à Dieu, le suppliait de lui montrer l'or, de lui faire trouver l'or, de lui en indiquer la route et les gisements. .V San-Salvador, dès sa jjrise de po.ssession, sa première