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connaîlrc aurun dos sorrols rpic la honlr divine dôposa dans k's vorlus, l'ulililé et les harmonies de ecs enl'antemcnts du sol.
Cependant on vil une embouiliiin' di^ lli^ive d(''cliarcjeant avec ealme ses eaux linij)ides et ollrant un liavre commode. Au luonient où les caravelles l'atteinnireul, deux canots indiirènes allaient sortir; en apercevant les chalouiies des navires qui sondaient la passe, les iadigènes prirent la fuite précipitamment et s'allèrent cacher.
On trouva un inouillage excellent. Tout en veillant à l'ancrage, l'Amiral examinait ces bords et sentait redoubler son admiralion. S'il venait d'éprouver à dislance l'elTet des perspectives, maintenant, de tout près, la richesse des détails dévoilait ses prodiges.
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Là, se découvraient des arbres à façon de pilastres, de cippes, de candélabres et de cierges distribués sous des feuillages à dôme, à parasol et à éventail, au milieu de tentures richement nuancées. Il distinguait parmi des végétaux, des feuilles pointues, âpres, lisses, laineuses, arrondies, cylindriques, lancéolées, cordiformes, des spatules, des palmetles aiguës, des cœurs, des nèches, des raquettes, des rameaux à épaisse membrure près de feuillages salines, ailés, à d('cou- |i\u'es aériennes lauiisant les rayons du jour, di'S llcurs d'incarnal, d'azur, de' topaze délicatement frangé'cs ou serrées en toull'es, alignées en faisceau, éclii'lonni''es en chute; vrilles, calices, nerviu-es, aigrettes, dentelures, ombelles dr IVirijies et daromes complètement inimagi nés jusqu'alors.
LIVIIE PHILMIER — CllAPITHE VII
Li' pilloresqiic des agroupemcnls, la hardiesse des posis, 11- |ii(iiiant des conlrasles, cette multitude d'objets, ces dillVToncos d'oriianisation, de propriétés, ces (leurs, CCS fruits, ces parfums, ces associations fo tuiles, CCS oppositions harnioniouscs ainsi offertes tout d'un coup à l'observation auraient écrasé, sous Timniensité du premier aspect, tout homme moins préparé fjuc ne l'était Colomb aux prodiges du Créateur. Car au militMi do cette étourdissante profusion, lui-même, le contemplateur du Verbe, trop ému d'admiration pour tenter aucun détail, ne sachant plus comment s'exprimer, gardait le silence de l'accablement et se bornait à dire « qu'il ne vit jamais chose aussi magnifique ».
De son bord, il saisissait les deux rives du fleuve, ombragées dans toute leur longueur visible, d'arbres très-beaux, très-verts, très-diflerents des nôtres, chargés en même temps de fleurs et de fruits, et sur lesquels voltigeaient des oiseaux brillants et de petits oiselets aux doux ramage. Parmi tant d'espèces de végétaux inconnus, son génie d'obsi'rvalion distingua piusieiHs soites de palmiers ditlé'n'nts de ceux qui croissaient en Kspagne, aux Canaries et sur la côte d'Afrique.
Pressé de commencer sa recherche de l'or et sa collection des produits du sol, l'Amiral sauta dans la chaloupe, prit possession de cette terre dans la forme accoutumée, y planta une grande Croix, donna à l'île le nom de Juana, et au port celui de Saint-Sauveur (San-Salvador). Ensuite, apercevant deux maisons éloignées, il s'y présenta. Les habitants s'étaient enfuis à
(JHKISTOPIIE Cin.OMU — U'J
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son approche. H n'y trouva qu'au cliicu lâchement (unide et muet, ijanlien inutile de quelques ustensiles de ])èche. H réitéra sa défense de toucher à aucun objet, puis remonta le fleuve à une assez grande distance.
La profonde sérénité de l'azur, la limpidité transparente des eaux, la suavité de l'air, les émanations embaumées, les riches tentures des arbres, les réseaux aériens des lianes bercées par les brises, les insectes brillants, les papillons de feu, les colibris chatoyants, les aras aux plumes éclatantes, le chant des petits oiseaux invisibles sous la feuillée, le coloris des lleurs, la grâce des plantes nouvelles, la vivacité des tons du paysage, ces murmures, ces bruits vagues ou sonores, prolongés à travers l'épaisseur des forêts, la fertilité surmontant l'inculte, la vie, l'organisme sourdant de toutes parts, fourmillant au milieu d'un luxe inouï et se pressant avec une vigueur sutïocante, plongeaient son âme dans un enchantement indicible. H avoue candidement qu'il ne pourra s'arracher de ces lieux qu'avec elTort et par l'espérance d'y revenir. Il comprend qu'il foule un sol privilégié de la Nature, qu'il touche à la merveille des régions équinoxiales; et alors que les deux tiers du Globe sont encore inconnus, il déclare que « celte île est la plus belle qu'aient jamais vue les yeux de l'homme ».
Le temps et l'expérience ont sanctionné l'ardente admiration du contemplateur du Verbe. Aujourd'hui, aju'ès la complète exploration des espaces de l'Océan, Cuba reste sans rivale. Celte île est encore, suivant
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