LIVRE 1>REMIEU - CHAPITRE YII
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avait été providontiellemenl préparée dans celte île iiK'onniio. Il était consolé au fond de son cœur, on voyant ses désirs prévenus dans ces lieux déserts et sans nom. Après avoir « adoré cette Croix », figurée par un mystérieux hasard, il donna ses oi'dres pour ([u'on terminât, en le fortifiant, l'assemblagedes pièces, et que Térection du signe sacré eût lieu le surlendemain, dimanche, dans un site des plus apparents et ilt'narni d'arbres.
V.n attendant, il examinait les productions de la li'ire. U fit chercher, par les gens de l'équipage, des avicules perlières. La forte odeur de musc répandue en certains coins lui fit croire qu'il y avait là des animaux qui le produisent.
Le dimanche hS novembre, l'Amiral, avec son étatmajor et la plus grande partie des équipages, partit en i;rande cérémonie sur les embarcations, pour aller arborer le signe de la R('demption. Celte Croix, trèshaute et Irès-belle, fut élevée sur un point culminant, cl dont les arbres ne dérobaient pas la vue. Les prières d'usage accompagnèrent l'exallation de la Croix, et la journée entière du dimanche l'ut consacrée à l'honorer par le repos et la prière.
Le lundi, avant le lever du soleil, les trois navires étaient au large. Mais, conlrariés par la houle et les vents, ils firent faible roule. On continua de naviguer liiiiu- aller vers l'île Babèque, dont les trésors faisaient fermenter toutes les imaginations.
Cependant, au milieu des fatigues de cette perquisition, les sujets de mécontentement et d'inquiétude ne manquaient pas à l'Amiral. Sur hPinta et hNiùa,
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ses ordres n'étaient jamais obéis ponclucllemont. Les trois frères Piuzon, l'aîné ]irincipalement, ne pouvaient supporter l'idée qu'un étranger, qui sans leur aide n'aurait pu tenter l'entreprise, tout à coup devenu «jrand-amiral et vice-roi, recueillit, en vertu de ses traités avec la Castille, une part considérable des riciiesses de ces contrées. L'ambition de Martin Alonzo était excitée par l'envie. Un Indien mis à bord de la Pinta comme interprète, ayant vanté au capitaine les magnificences de Babèque, dont il prétendait savoir la route, Martin Alonzo se sépara des deux autres navires, dans la nuit du ^1 au 2"2 novembre. Cette désertion affligea profondément l'Amiral.
La Nim, commandée par Yanez Vincente Pinzon, resta fidèlement à son poste. Yanez Vincente avait le goût de la mer, de l'hydrograpliie ; il possédait mieux que ses frères la théorie du vaisseau et la notion du devoir. Mieux aussi sa propre capacité lui permettait d'apprécier le génie de Colomb.
Le 23 novembre et le jour suivant, l'Amiral, continuant de naviguer, se rapprocha, par « la nier de Notre-Dame », des côtes de Cuba. Là, lurent choisis un mal et une antenne pour la Nifia.
Le 25, il découvrit un port tel qu'il n'en avait pas encore rencontré. Cent vaisseaux y auraient tenu sans ancres ni amarres. Des montagnes chargées d'arbres à fruits et d'arbres propres à la marine le ]irolégeaient contre tous les vents. Colomb déclarait avec l'elïïision de la gratitude que jusqu'à ce jour c* il avait ]ilu à Notre-Seigncur de lui montrer toujours une chose uieilleure que la précédente, et qu'il était allé