‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 65 sur 208 · LIVRE PREMIER — CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER — CHAPITRE VU

(lo bion en mieux dans toutes ses découvei'tes. » Le 2(i, l'Amiral découvrit de nouveaux paysages et de nouveaux ports, dont s'émerveillaient ses oflicicrs.

Le 27, malgré la parfaite sérénité du ciel et la proximité de cinq ou six ports admirables, il eut le courage de ne pas toucher terre, pour ne pas retarder l'accomplissement de son but principal. Car il avouait, dit Las Casas, qu'il « s'arrêtait toujours plus qu'il ne voulait, entraîné par le désir de contempler et la jouissance d'admirer la beauté et la fraîcheur de ces pays, de quelque côté qu'il y pénétrât. » Pour se mettre en garde contre lui-même, il resta à louvoyer toute la nuit.

Le lendemain, en longeant la côte au sud-est, les navires entrèrent dans une baie entourée de terres parfaitement labourées, formant une vaste plaine, entrecoupée de mamelons verdoyants, et invisiblement parsemée de hameaux que des colonnes de fumée décelaient au milieu des bouquets d'arbres. Des collines et de hautes montagnes en bornaient le fond. L'.\miral avec son canot sonda le port où se déchargeait, parle côté sud, un fleuve profond, assez large pour le passage d'un giand navire. Cette embouchure, cachée par les mouvements du terrain, formait une surprise; on ne l'apercevait qu'en y touchant.

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Dans celle partie de Cuba si rapprochée des montagnes cl sous la pleine influence du midi, la Création semble avoir réuni ses derniers prodiges. Là se découvrenl des effets d'cn3omi)le el des porlVrlions de détail que la parole ne rend pas. Chaque pli du terrain varie les décors d'une nature fastueuse, jusqu'à effrayer rimagination. On dirait qu'une force souterraine fait éjaculer à la surface l'étonnante fécondité dont le Créateur doua les germes confiés à l'humus. L'abondance de la sève circule sous toutes les formes, s'étale en masses de verdure au-dessus du sol qu'elle envahit et dérobe aux regards. L'œil ne peut plus distinguer la terre, tant les végétaux 1a tapissent, l'ornent et l'encombrent. Çà et là des arbres géants, perçant d'épaisses profondeurs de verdure, se dressent, véritables obélisques, du milieu d'impénétrables halliers, et dominent superl)emenl de leur front ces foules végétales fourmillant sous leur ombre, toujours vertes et prospères.

Des arbres moins hardis se disputent plus obstinément l'espace, se pressent, .se combattent et se suffoquent par leur multitude. Des faisceaux assujettis par des lianes, des bouquets d'arbres contrastants, des arbrisseaux pittoresques s'isolent ou s'agroupent sous l'influence de certaines luttes. Des slipes, ornés au sommet de magnifiques panaches ou de frais éventails,

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