LIVRE PREMIER — CHAPITRE VII
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poncluMil laiigiiissaiiiiuoiil leurs lètos l'uu vers l'autre, fornienl de pfcacieuscs arcades, et simulent des caresses au niilii'u d'harmonieuses confidences. A leurs pieds des piaules parasites, des lianes sinueuses mulliplienl leurs enlacemculs, rampent au loin, cachent le sol sous leur trame fleurie, et descendent les pentes en avalanches de verduie. Des lianes sarmenleuses, qui se plaisent au bord des torrents, s'accrochent par leurs vrilles aux redans des rochers, puis se jettent avec leurs liarlums et leurs beautés au fond des précipices. La 2;ràce s'allie au terrible ; Tabnuc est caché sous les fleurs. Sans doute Colomb vit, en ce lieu, s'ajouter aux plantes avec lesquelles il était familiarisé des espèces encore inconnues, car sa contemplation atteignit soudainement l'apogée de l'admiialion humaine.
Là, sous les larges rubans du palmier vinifère, croît l'oranger sauvage à pomme d'or. Le quiébra, qui résiste au fer, le bananier déroulant ses pans d'épaisse étoffe, la bellonie aux rameaux cylindriques, le sébestier chargé de fleurs, l'érithal aux baies purpurines transpirant l'odeur du jasmin, le juguey aux racines élastiques, l'euphorbe à bractées écarlales, le cliinchona, le copal précieux en médecine, la conyse odorante, polissent à l'aventure parmi les ca'imitiers aux pommes violettes. Le palmiste, le myrte aromatique simulant par ses feuilles le citronnier, le poivrier à bouclier, la prèle arborescente répandant son parfum de vanille, vivent fortuitement associés à des arbres sans nom, que domine absolu le gigantesque ceiba, véritable monai([ue de ces solitudes. Là une foule de
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végétaux secondaires ont aussi leur agrément et leur utilité. A travers les inextricables rubans de lianes qui passent d'un arhie à l'autre, et von. des troncs gisant sous l'herbe escalader les cimes les plus hardies, l'angiiine voyageuse, la paulinic ailée, charment les yeux, tandis que l'humjjle scopaiie abrite dans ses touffes les amours des colombes, et que la modeste ansérine ambrosiale recèle des parfums qu'elle exhale en inouianl, sous le jtied qui l'écrase sans l'avoir remarqui'e.
Pour toute âme intelligente, cette fortunée région, à l'heure même où nous traçons ces lignes, possède encore d'irrésistibles attraits. Dans ses fleuves diaphanes, l'onde produit des reflets merveilleux, et la mer qui l'entoure a des séductions sans pareilles. La sérénili; des cieux, l'éclat de l'azur, la vivacité du jour, les tons chauds du paysage, les doux arômes de l'air, font passer dans les sens une vague excitation que suit une mollesse pleine d'enchaulenients. Tel est l'effet de l'influence matérielle. Mais si la pensée ose relever dans cet ensemble les traces de la science divine, distinguer les harmonies et les étonnantes combinaisons de celle prodigalité, qui, sans la beauté des fleurs, les chanli et les parures des oiseaux, les senteurs balsamiques, serait profuse à épouvanter l'imagination , tant les forces de la Nature s'y déploient d'une façon colossale et cyclopéenne, aussitôt la grandeur des émotions correspond à la magnificence des aspects.
Aujourd'hui, familiarisés par Irois cents ans d'expérience avec ces productions alors inconnues, nous ne
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