LIVRE PREMIER — CHAPITRE Vil
comiirorionsplus la vivacité d'impressions que devaient cxcilcr tant de types, de variétés et d'essences diverses présentés soudainonient à la réflexion. Le poétique et lo mystérieux de l'inconnu s'ajoutaient alors au charme (le la foinie révélée, au piquant et au coloris des choses découvertes. Christophe Colomb considérait dans un saint respect, mêlé de reconnaissance, celte inaniri'slation toute nouvelle pour l'humanité. Sa conlemplalion des œuvres du Créateur égalait les chastes ravissements du premier amour; et dans les émotions de celte virginale tendresse, il résumait les impressions de la postérité, par lui déjà saisie, de cet opulent héritage, dont le monde ignorait encore l'ouverture. ,\ucun homme n'éprouva jamais ces jouissances pures de l'esprit, ces électricités intellectuelles qui firent tressaillir le premier contemplateur de l'œuvre de Dieu dévoilée. La sublimité de ces aspects agrandissait la coopération dont l'avait honoré la providence, rehaussait le caractère de sa Mission et relevait audessus de lui-même.
X l'heure de midi, Christophe Colomb, parcourant en canot les bords de ce mouillage, découvrit ce fleuve ravissant d'harmonies, caché comme un secret de beauté, au côté sud du port. Stupéfait de cette inénarrable splendeur, presque épouvanté d'une telle magnificence, haletant d'admiration, il se désolait de n'en pouvoir exprimer la millième partie. Il écrivait aux Hois fiu'un instant il crut n'avoir jamais la force de
s'arracher d'un lieu si enchanteur.
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laili's, Colomb mcUail le bonlieui" d'avoir ronloniplé lanl de choses toujours plus admirables l'une qu ■ rauti'c. Il remcrriait aussi Celui qui l'avait clioisi pour cette opération, di^ lui avoir couservé la santé ; « car, disait-il, grâces à Noire-Seigneur, pas un seul des gens de mon équipage n'a éprouvé jusqu'à ce jour le moindre mal de tète ; pas un seul n'a gardé la chambre poui' cause de malaise, si ce n'est un vieux matelot (pii avait souffert toute sa vie de la gravelle, et qui s'est trouvé guéri après le second jour de notre arrivée dans ci' pays. Ce que je dis de l'état sanitaire comprend l'équipage des trois navires. »
Avant de pouvoir connaître chacune des productions spéciales, propres à ce sol merveilleux, il conçoit toute l'importance de sa possession
.•\yanl intuitivement une claire notion des ressources inliniesde cette contrée, de sa prééminence sur toutes les autres, quand il a contemplé ses harmonies, admii'éi sa splendeur, vanté autant en poëte qu'en naturaliste, et non moins en natiualiste qu'en marin, la richesse d(; sa végétation, la beauté de ses eaux, de ses ports, Colomb affirme que, par tout ce qu'il a di'couvcrt. il vient d'ouvrir de nouvelles voies aux relations humaines; que la Chrétienté surtout aura de grands rapports à établir avec ces lointaines régions. Alors, s'abandonnantàrépanchemenl de son intuition, illuminée d'en Haut, il ose donner un conseil et une sorte de précepte aux souverains, ses maîtres. Avec une liberté toute chrétienne, il h'ur déclare cpi'ils ne doivent permettre l'accès d'un se' jour si i'orluné à aucun étraniier.