‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 68 sur 208 · LIVRE PREMIER — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER — CHAPITRE VII

;i moins que sa pureté de foi ne soit iiors de doute; parce que celte Découverte ayant été faite au Nom de .lésus-Clu'ist, pour la gloire du Rédempteur et la dilatation de rKglise, il n'est pas juste que l'iiérésie et Tincrédulité jouissent de celte conquête de la foi catholique. Hésumant sa pensée, il adresse aux Rois ces paroles : « ¥A je dis que Vos Altesses ne doivent permettre à aucun étranger de mettre le pied dans ce pays et d'y commercer, s'il n'est chrétien catholique ; à aucun Espagnol d"y aborder, s'il n'est pas véritablemenl chrétien ; puisque le projet et l'exécution de cette entreprise n'ont eu d'autre but que l'accroissement et la gloire de la religion chrétienne. »

Nonobstant le laisser-aller de la spontanéité, ces paroles inspirées à la vue des magnificences nouvelles, et écrites quarante-six jours après le premier débarquement à l'Ile de San-Salvador, pendant et môme avant l'entier accomplissement de la Découverte, méritent d'être remarquées. Ces paroles, comme leur date, onl une importance décisive pour bien fixer le caractère réel de l'entreprise de Colomb. Il n'est plus permis de mellrc en doute les véritables motifs qui guidaient le messager de la Croix, et de se méprendre sur le but qu'il se proposait. La gloire de Jésus-Christ, l'accroissement de son Église, conséquemment le salut des âmes et la civilisation des peuples, tel était le premier objet des efforts de Christophe Colomb.

Malgré la hâte de l'Amiral, les merveilles de cette nature le captivaient sous leur enchantement. " 11 lui semblait qu'il se trouvait au milieu d'illusions et de prestiges. )>

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Ce lieu dont rinexprimahlo maiïnificenee, iHonnanl 'esprit, imposait le respect et inspirait de saintes pensées, reçut à cause de cela le nom do Port-Saint (Piicrlo-Santo). Trois jours durant, il demeura cloué d'admiration au Port-Saint, s'exlasiant sans pouvoir rassasier ses yeux. Ici son impatiente soif d'or sembla s'étanclicr dans la sereine suavité de l'almosplière et les fraîches décorations des forêts dont les parfums ciéleclaienl l'odorat. Le contemplateur de la Création parut dominer un instant l'apôtre de la Croix, cet ii!comparable chercheur d'or, pressé d'ouvrir les placers des terres inconnues, afin d'en extraire le prix d'un rachat ineffable. Il s'oublie dans l'admiration des œuvres du Verbe et ne peut s'arracher aux séductions de tous ces aspects. Bien qu'en indiquant- succinctement dans son journal les beautés de celte Nature, il taise avec modestie son attendrissement religieux, on devine aisément quelles émotions extatiques enlevaient son cœur. Avec quel bonheur le fds adoptif de la Famille Franciscaine ne disait-il pas son office suivant la règle de l'Ordre Séraphique, sous les voûtes de ces forêts éternelles, temple primitif de la Nature, entouré des prodiges du Créateur, mêlant sa voix aux graves psalmodies des vents qui parcourent ces solitudes!

Toutefois un esprit aussi pratique et positif que ce- Ini de Colomb ne pouvait consumer, sans immédiate ulililé pour son entreprise, le temps accordé à la salisfaction de son âme. Profilant de ce séjour que paraissaient justifier quelques contrariétés atmosphériques, il donnait des soins hygiéniques aux équipages, et

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