‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 69 sur 208 · LIVRE PREMIER — CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER — CHAPITRE VU

onvovait do différents côtés, sous le rommandemenl irun (ifliiier, accompagné d'interprètes indiens , des piquets armés reconnaîlre lo pays, cl se mettre en rap- ])ort avec les lial)ilants. Mais ceux-ci jii'enaicnt obstinément la fuite. Toutes les battues furent vaincs. Seulement les Espagnols réussirent dans un village à s'emparer de quelques femmes avec trois enfants, et à surprendre une embarcation d'indigènes dont ils emmenèrent les rameurs.

Ijî Vendredi, .'50 novembre, Christophe Colomb voulut, avant de quitter le Port-Saint, consacrer par le signe de la Rédemption ce lieu où resplendissait si particulièrement la magnificence du Verbe. Il commanda aux charpentiers des navires de préparer une très-grande Croix. Le 1" décembre, cette grande Croix fut portée en grand appareil jiar les hommes des deux équipages sur la principale hauteur qui dominait l'entrée du port.

Le lendemain le vent étant contraire, Colomb put sanctifier le dimanche près du signe sacré, et prolonger encore pi'ndant tout un jour la sainte extase de sa contemplation.

Le lundi, l'.Vmiral fit en chaloupe une reconnaissance de la côte au sud-est, et découvrit un chantier de construction navale indigène en tout point très-bien ordonné. Il s'y trouvait des canots, chacun d'une seule pièce, pouvant contenir plus de cent personnes. Le lendemain, i décembre, on leva l'ancre et l'on continua de porter vers l'ouest.

A travers son vélirniniit amour dn la création, on cliorcherait en vain clans Christophe Colonih un penseur éléii'iaqne, un contemplateur stérilement enllinusiaste de la nature. Son admiration du paysai;e, sa (liriicullueuse étuii;' de la llore et de la Canne de ces n''t;ions nouvelles, ses remarques du soi ([u'il espi''rail receler de l'or et des pierreries n'al)sorbaient pas uniquement sa puissance de méditation. Avec une égale ardeur il s'efforçait de comprendre le caractère de ces peuplades qui se dérobaient soigneusement à son approche. Ne pouvant les voir cl les observer, il les f^'i' approfondissait par l'intuition; disons le mot : il li's devinait.

En effet, ses rapports avec les individus et les habitations de ces pays furent, dès le premier contact, ce qu'aïuaienl pu les rendre la jikis longue observation et l'expérience de la pratique. 11 ne commit jamais d'erreur ou de méprise à l'égard de ces peuples. 11 sut s'iMi faire comprendre, s'en faire aimer, les dominer par i'alYabilité, prendie sur leur esprit un grand ascendant personnel. Sa sollicitude de leur salut étant son jiremier mobile, il saisis.sait toute occasion de leur inspirei' une haute idée des Européens, afin qu'ils désirassent leur ressembler, adopter leurs coutumes. Il voulait, par une magnanimiti' constante, leur montrer la sublimité de l'Évangile (ju'il venait leur annoncer.

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