‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 70 sur 208 · LIVRE PREMIER — CHAPITRE VIT · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER — CHAPITRE VIT

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Sans làpre cupidité de ses équipages, assiirémont les Indiens n'auraient éprouvé que gratitude et respect pour « les liouimes célestes », ainsi qu'ils les nominaiiMil.

L'Amiral reniarqiianl l'absence de toute liabitalion sur le rivage de la mer et sur le bord des fleuves, mal- ■iié le chariiii' des sites et la commodité du séjour, trouvant toutes les cases disposées de telle façon (jue li'iirs habitants pussent voir avant d'être vus, en induisit avec sagacité qu'une cause générale les obligeant à la vigilance, un péiil commun les tenait en ali'rti'. 11 comprit qu'une race étrangère plus hardie, mieux armée, arrivait en canots sur ces parages pour piller les riverains. Il sut, après avoir d'abord refusé d'y croire, que dans la paix et dans l'abondance de cette riante nature, d'atroces forbans parcouiaient la lisière des bocages, non pour dévaliser les cases, mais pour ravir les habitants eux-mêmes; les enlever, les parquer comme des troupeaux, les engraisser et se repaître de leur chair. Cela n'était que trop vrai. Les Caraïbes anthropophages, étrangers h ces îles, distincts des indigènes par le crâne, les traits, la couleur, l'idiome, les peintures tatouées du corps, les armes e( le courage aveugle, ayant fait irruption du dehors. désolaient les pacifiques insulaires. Colomb entrevit le plus heureux changement dans la condition de ces peuples, désormais délivrés de leurs oppresseurs , grâce à l;t protection de la Castille, jouissant des consolations de la foi et mis en possession du salu éternel.

Il bénissait Dieu de l'avoir envoyé pour cette œuvre

(le misôrirordc, cl, d<'jà pénétré de son apostolat, agissait en" précurseur de la Bonne Nouvelle. Avant de pouvoir parler inlellit;il)lement aux indigènes du Rédenij>teui' qu'il hn'dait de leur faire adorer, Colomb aiinait à proclanii;r aux quatre vents du ciel, dans la langue de l'Kglisc Catholique, la }iuissance du Vrrlic, à laire retentir sur ces rivages le nom du Sauveur bien-aiiué. Partout où ses chaloupes accostaient, il plantait des Croix, alin que les Indiens sussent d'avance que ce signe vénérable était celui « des bommes célestes » ou di^stiiu's à le devenir. L'Ecole protestante a passé sous silence ces plantations de Croix, et fait sousentendre qu'en les érigeant l'Amiral voulait seulement laisser une marque ostensible de sa prise de possession. Ici la distinction des cjioses s'oppose à toute confusion sur les sentiments et leur but. Nous ne permettrons pas qu'on s'y trompe; car les actes et les intentions ont été nettement expliqués par Colomb luimême.

Une fois la prise de possession effectuée dans sa forme régulière, l'Amiral plantait encore des Croix, en cboisissant les sites les plus apparents et les plus pittoresques. Il avait en cela plus à cœur d'bonorer le divin Rédempteur que d'attester sa priorité de découvertes. Autant il aimait à recueillir en son Ame son admiration des ouvrages du Verbe, autant il éprouvait le besoin de gloiilier devant les hommes le Sauveur de humanité. Non-seulement il remerciait Dieu de l'avoir choisi pour découvrir ces nouvelles choses, mais de lui avoir accordé l'honneur d'arborer, le premier, sur ces plages inconnues, la Croix, signe iunnortel de

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