‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 7 sur 208 · LIVRE PRE.MIKK — CIIAPITUF": l'HEMIElï · texte numérisé non relu

LIVRE PRE.MIKK — CIIAPITUF": l'HEMIElï

deniont personnel \ut\w nin' i'X|i(''ililii)n ([iii rxiyi'ail une audace et une liabilelr peu couuiuines.

On ne doute point (ju'ensuitc Colomb, pendant les quatre années que le roi René employa à tenter la conquête de Naples, n'ait continué à le servir.

Nous ne pouvons nous défendre ici d'un souvenir rétrospectif, sur cette guerre qui transplanta notre famille des lïllats de Naples dans ceux de Provence, et lui valut ainsi d'être française. Le comte Cesare Iloselli ayant [iris j)art; un peu tardivement pour le duc d'Anjou, l'excellent roi Picné, et servi sur terre l:i cause que défendait par mer Christophe Colomb, fut contraint de s'expatrier après récliec qu'éprouva le roi de Provence. 11 se réfugia à bord de la flotte qui tenait encore la baie de Naples. Nous aimons à penser que ce fut, peut-être, sur le vaisseau que commandait Christophe Colomb; et qu'il fut ainsi donné au dernier de nos aïeux du sol italien, de connaître le Révélateur de ce Globe, dont nous avons écrit la première histoire française.

La dernière journée de la vie militaire de Colomb fut marquée par une circonstance dramatique, dont les suites nous inclinent à croire que cet événemeni s'accomjdit par un dessein particulier de la Providence.

Colomb, après avoir quitté les mers du Levant, se trouvait embarqué comme officier sur un vaisseau qui |irit feu près des côtes du Portugal; il dut se jeter à la mer. Les vagues se déroulaient dans un espace de deux lieues avant que d'expirer sur la côte la plus voisine. Quelque habile nageur que fût Christophe,

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anse du cap Sarriim, viil!iairomont nomint'- Sagres, stir une lianteur pittoresque d"où la vue domine au loin sur la mer, s'y fil l)àtir un palais approprié à réludo de la cosmographie . Dans la paix de la solitude, ce noble espri l s'adonnait aux mathémaliques, à l'astronomie, composait une bibliothèque nautique, se procurait les copies des voyages dont on avait ouï parler. Taisait traduire des manuscrits arabes, attirait à lui les hommes experts aux choses de la marine et changeait sa royale demeure en école navale.

La mort du docte prince vint ralentir l'impulsion que son génie donnait aux découvertes. Cependant Lisbonne était encore la ville des progrès maritimes. C'était là que se trouvaient les plus habiles constructeurs de navires, que se vendaient les meilleurs planisphères, les ouvrages d'astronomie, que se confectionnaient les mappemondes, les cartes marines les plus exactes et qu'abondaient les pilotes capables. Le nom de Pilote désignait alors tout officier de mer qui ne commandait pas en chef un navire; on l'appliquait même aux capitaines en second dans la marine militaire. Les lieutenants de vaisseau étaient tous appelés Pilotes. Un assez grand nombre de marins, qu'avait attirés à Lisbonne la munificence du prince mathématicien, y continuaient leur résidence, malgré la perte de leur royal prolecteur.

Il n'est donc point surprenant que le pilote Barthélémy Colomb, frère puîné de Christophe, s'y fût établi, quoique tardivement , afin d'utiliser ses talents de géographe, dont on ne peut nier la supériorité.

Ce fut avec bonheur (lu'il ouvrit son loeis à son frère

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LIVItK PUE Mil-: Il — CIIAIMTUI': II

naufragé; il ôi)roiivail pour son aîné une tendresse miMéc de délërence. Il s'cITorça de le retenir auprès de lui. Toutefois cette hospitalité ne lui devint pas onéreuse. Christophe avait une écriture superbe, no maniait pas moins habilement le crayon et le pinceau que la plume, il faisait aussi des cartes, des plans; s'occupait à copier des manuscrits, à transcrire des livres rares, parce que, malgré l'invention de l'imprimerie, en Portugal la typographie était encore à l'état d'enfance; les ouvriers compositeurs ne se rencontraient pas aisément ; les livres se maintenaient donc à un prix assez élevé. Et comme son amour delagéographie, son goût de l'étude, lui avaient rendu familiers les ouvrages les mieux appréciés des lecteurs du port de Lisbonne, il les achetait pour les revendre à propos; et de la sorte faisait, dans l'occasion, un petit commerce de librairie. Par ce moyen, non-seulement il subvenait à ses propres besoins, mais avec son économie et les privations que s'imposait sa tendresse filiale, il pouvait apporter (juelqae adoucissement à la vieillesse peu fortunée de son père. L'historien des Indes, Gonzalo Fernandcz de Oviedo, son ennemi, lui rend ce témoignage qu'à Lisboime, et d'ailleurs en quelque lieu qu'il fût, n il eut toujours soin de pourvoir aux besoins de son père », malgré la difliculté de sa propre situation. Les dehors prévenants de Christoplie Colomb lui avaient facilité des relations parmi les marins, et valu le meilleur accueil chez plusieurs négociants génois établis à Lisbonne.

-V dater de son séjour dans cette ville, sauf de

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courtes lacunes, Ils principaux cvénemcnts de sa vie se déroulent dans un ordre non interrompu, et restent entièrement accessibles à l'inveslii^alion. A proprement parler, ici commence son histoire.

Le premier fait qui le concerne, depuis son abordage quasi-miraculeux en Portugal , touclie à ses habitudes de pieté. Son assiduité édifiante aux offices eut pour conséquence révénement de sa vie qui lui fut la plus propice occasion de développer son génie, d'élargir ses facultés comparatives, de se confirmer dans sa vocation, de communiquer avec les savants et les grands de la terre.

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Christophe Colomb, achevant alors sa trenle-troisième année, avait atteint le conipléuieut de sa vigueur physique et de sa perfection intellectuelle. Sa taille, fièrement élancée, prenait de sa robuste complexion une màlc élégance que rehaussait sa fermeté de maintien, si naturellement assortie à son caractère. Son visage allongé offrait un pur ovale. Bien qu'il eût les pommettes largement accusées, ses joues assez arrondies en adoucissaient les contours, et, par une décroissance insensible, continuaient riiarmonieuse ligne qui fonuait son menton. La noble ampleur de ."^on front révélait celle de sa pensée. Une auguste méditation semblait peser sur l'arc de ses sourcils et leur imprimer un léger froncement. Dans ses yeux, d'un bleu clair, rayonnait une sérénité limpide La courbe de

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