LIVRE PREMIEIl — CHAPITRE VIII
pliail ci'lm (jm lirait ces lignes de ie porter à la reine de Caslilie, pionicllant en son nom mille ducats. Il enferma ce pli dans une toile ciiée, la scella de son cacliol, ]iiiis la mil dans un i^illoau do cire qu'il plaça dans une barrique vide, et l'ayant fermée herméliqucnient, la fit jeter à la mer.
De peur que les {oiirants n'entraînassent loin de l'Kurope ce message désespéré, il en avait fait deux copies, et placé l'autre cxcmplaiie dans une seconde l)arri(iue, qu'il allaclia soiidcnuMil à l'arrière de la caravelle, dans l'espoir que si la Niiia venait à sombrer, la barrique pourrait surnager et èlre recueillie un jour.
Le vendredi 15 février, au lever du soleil, on reconnut une terreau nord-est. Cette vue ranima les esprits. Toutefois la violence de la mer, quoique diminuée, ne permettait pas de s'approcber. Ils passèrent toute la journée, la nuit et le leniiemain, à louvoyer pour làcliei' de prendre terre, mais en vain. Enlin le jour suivant, à la nuit, on arriva sur mie lie que l'obscuril;'' ne permettait pas de distinguer : c'était Sainte-Marie, la plus méridionale des Açores, qui appartenait au Roi de Portugal.
Les liabitants furent d'abord étonnés qu'un ^i frêle navire, dans un pareil étal, eùl pu supporter une -i furieuse tempête. Ils s'émerveillèrent encore plus fiuand on sut d'où il arrivait.
CHUISTOPHE COLO.MIl. — -H