‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 77 sur 208 · IS · texte numérisé non relu

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Mais le gouverneur de lile, connaissant les inlcnlions (lu Roi, (enta traîlreusemont d'enlever Colomb pour l'ensevelir dans un cachot. N'ayant pu y réussir, il fit durant la nuit couper les amarres de sa caravelle, espérant la voir s'échouer.

La prudence de l'amiral le préserva du naufrage.

On continua la route.

Le .3 mars, au coucher du soleil, um^ bourrasque subite déchira toutes les voiles de laA'/«rt qu'elle faillit faire sombrer. Mais la Providence laissa tomber un regard sur son serviteur.

Dans l'imminence du péril, on fit de nouvelles prières et un vœu nouveau. On lira au sort, pour savoir qui d'entre les marins irait en chemise, nu-pieds, à Notre-Dame de la Cinta, dans la province d'IIuelva; et comme à l'ordinaire le sort désigna l'Amiral.

Le soir, la tourmente redoubla de fureur. De sinistres éclairs sillonnaient le zénith; l'eau lombail du ciel à torrents; les lames frappaient en sens opposé le navire; tantôt une montagne d'eau le soulevait dans les airs, tantôt, en se creusant en abîme, les vagues l'enlraînaient dans les profondeurs de leurs vallées écumanles, et paraissaient devoir l'ensevelir en se rejoignant. Cet aspect était enVoyablc, et nulle puissance humaine n'aurait surmonté ce péril. « Mais il plut à Notre-Seigncur d'être en aide à l'Amiral, et de lui montrer la terre. » dit Las Casas.

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Cepeudaul répaisscui' do l'obscurité empêchait de reconnaître sur quels parages on se ti'ouvail. On tint comnir l'on put. « Dieu les conserva jusqu'au jour, » au miliini des ani^oisses et des terreurs de celle nuit lio»Tible, nuit de désespoir et de perdition pour les navires en mer.

L'Amiial arrivait sur les côtes d'Europe vers la fin d'un liiver désastreux, pendant une de ces grandes commotions de la Nature qui bouleversent les couches (le l'air, renouvellent l'atmosphère, la surlacedes eaux et l'ont ressentir leur formidable impulsion, du pôle à l'équateur. Au dire des marins, jamais hiver n'avait été si técond en nauirages. Depuis quatre mois régnaient des vents désolateurs. L'Océan Germanique n'était plus navigable; les bâtiments souffraient dans les ports, bloqu(''s par la tempête. Vingt-cinq navires espagnols avaient péri sur les côtes de Flandre. Partout les grèves se jonchaient de débris.

Au point du jour, à travers l'embrun, l'Amiral reconnut le roc élevé de Cintra, près du Tage.

La côte du Portugal, d'un abord toujours difficile par une grosse mer, est horriblement dangereuse par la tempête. Aucun avancement des terres, aucune ligne brisée du littoral n'amortit l'impulsion des flots arrivant du large. Les rochers de ces bords, en ce moment recouverts par la tuméfaclion des vagues et leur nappe d'écume frémissante, trompaiiMil riril. Une force irrésistible portait la Nina contre les écueils des

Iws-fonds, et la repoussait do rombouchure d'où l'ccarlaicnl aussi 1rs eaux du fleuve, grossies des pluies et soulevées par des vents eonliaires. On eût dit (ju'une lénéiu'eusc puissance l'edouljjait de fureur jiour enipi'ciier d'aborder le niallieurcux navire, destiné à périr ]iiesqu(^ en vue du porl.

A l'aspect de son naufrage imminent, les habitants de la ville do Caseaes, située sur l'embouchure du Tag(>, coururent à l'église, allumèrent des cierges. irent des prières pour l'âme des marins de la ])auvre petite caravelle qui semblait déjà devenue la proie' d'une mer impitoyable. Et quand, par l'assistance di' Dieu, l'Amiral fut entré dans le fleuve, la population accourut au rivage, regardant comme un miracli'

à une morl inimanriuable.

I%¥^^ Tout aussitôl, il drpèclia un mossagcr en ^& Castille pour infonuor les souverains de son "^--'^ arrivée, puis écrivit au roi de Portui;:al, en ce moment dans la charmante liabilalion du Val-Paradis, ■.liin d'obtenir la iicrinissinn (ralli'riiiouillrràLisl)onne.

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nnlonil) avait toiilo raison do riMlnnler los li'onlicros (lu iiionai(|iii' iirili''; (|iii lui avait, ilressé des onihùrlics sur lucr, à son dôparl, et dont les agonis, en violation dos droits los plus saints, avaionl tonte do lo iaire T'cliouor au rol(Hir. Venir aujourd'iuii s'abrili'r dans SOS Etats, c'était se réfu!j;ier dans l'antre du lion; l'Amiral se rendait exaetemiMiL onuiple de la !;ravité du péril. Mais Celui qui l'avait sauvi'' dos oonsoils do la révolte et des gouffres de l'abime ne l'ajjandonnail pas.

Le bruit do la dé-eouvorlo d'un nouveau inonde par un navire qui était ancré dans le Tagc courut rapidement à Lisbonne. Malgré l'état de l'atmospbère, on arrivait en Ibnle au mouillage de Rastello; une nudlitudo do barques couvrait les flots. L'admiration n'était pas moins vive que la curiosité. Le peuple rendait grâces à Dieu de cet événement, qu'un pressenliruont secret disait être innnense.

Le vendredi 8 mars, un message du Roi vint sanctionner los témoignages spontanément rondusà l'homme de la Providence. Le chef de la nation suivait l'élan de son peuple. Il priait gracieusement l'Amiral do vouloir iiiou venir dans sa retraite, et ordonnait aux facteurs do lui fournir gratuitement (oui ce dont il aurait besoin jiour lui, son équipage et son navire.

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