‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 78 sur 208 · I.IVltE l'lti:Mli:U — CIIAl'ITHE IX · texte numérisé non relu

I.IVltE l'lti:Mli:U — CIIAl'ITHE IX

.Itiaiii II le reçut comme iiti prince du san^^ le lit asseoir et couvrir en sa présence, lui HKniIra une haute ronsiilération, lui parla avi'i" la plus yiaiule alVabilité, et (('nioigna sa salislaction du succès de celte entreprise.

Le dimanche malin, à l'issue de la messe, le Roi reprit son entretien avec Colomb, et lui demanda des parlicularilcs sur son voyage. Il uuiltipliait ses questions beaucoup plus que la veille. El connue, en satisl'aisanl sa curiosité, il reconnaissait la grandeur de l'entreprise, il éprouvait un secret dépit d'avoir laissé échapper ces régions merveilleuses.

Tandis qu'à son habitude Colomb passait recueilli les heures du dimanche entre la niédilalion et la prière, à quelques pas de lui, dans la salle du Conseil, la question s'agitait de dérober la notion de ses découvertes, en le niellant à mort.

L'assassinat de Colomb fut proposé au Roi.

Quelque révoltante que soit une telle proposition quelque impossible qu'elle nous semble, dans l'état de nos mœurs, elle fut cependant faite, en séance, par des courtisans envieux de la gloire étrangère, et jaloux de montrer au Souverain leur dévouement aux rancunes qu'ils lui supposaient. On voudrait pouvoir doulcr d'une telle infamie. Mais si Colomb eut la générosité de la passer sous silence, si son lils Fernando l'a tue avec charité, les plus grands historiens du l'oilugal eux-mêmes l'ont conslalce, toutefois sans la ili'lrir de li'ur jugement. .\u rapport du grand historiographe Joam de Rarros, quelques geutilsliomnics s'ollrirent à le tuer « eux-mêmes ».

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Mais le Roi rraianail Dieu : ii repoussa celle pioposilion « eoiiiine prince catiioliqiic » ; d'ailleurs l'espril élevé de Joaiu II, son esliine de la science, de la navi- {Jiation, ne lui faisaient que mieux subir l'ascendanl qu'exerçail l'aspect de Colomb. Sa présence avait effacé les ressentiments. 11 défendit sévèrement toute tentative contre son bote, et conuuanda de le traiter avec les plus grands égards.

Le lundi, rAuiiral prit congé de Joaui II. Le monarque l'accabla de marques d'estime et de distinction. Par son ordre, don Martin de Norona le recundiiisil, entouré de tous les seigneurs de la cour.

Colomb, revenu à sa caravelle, mil aussitôt le cap sur la Gaslille.

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