‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 80 sur 208 · SI · texte numérisé non relu

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Vn peu plus tard, pendant que. la ville eniière, transportée d'une indicible allégresse, oflVail ses hommages à l'Amiral et, par le carillon de ses cloches, annonçait aux bourgades voisines un cvéneinent extraordinaire, on vit arriver à l'ancrage une caraveli(! bien connue des habitants, la Pinta, que montait Martin Alonzo Pinzon. Au bout d'un instant, une yole s'en détacha et redescendit le lleuve : c'était le capitaine qui fuyait.

Poussé par la tempête dans le golfe de Biscaye, Martin Alonzo Pinzon, persuadé qu'avec sa voie d'eau, ses avaries, la })auvre petite Nina n'avait pu échapper à la tourmente, venait d'adresser aux Rois une relation de la Découverte qu'il s'attribuait, et demandait l'autorisation d'aller à la Cour leur rendre compte de l'expédition. En attendant leur réponse, il venait dans sa ville natale jouir du triomphe qu'il s'était promis. Mais, en voyant flotter le pavillon Amiral au grand mal de la Niiia, il fut saisi d'e confusion. De peur que son chef ne le fit arrêter et mettre aux fers, suivant son droit, il s'esquiva honteusement, la rage au cœur.

Tout l'équipage de la iY//;rt se trouvait au complet, et parmi les hommes laissés à Hispafiiola, aucun n'était natif de Palos. Colomb pouvait, à bon droil, adresser aux gens de ce port qui l'avaient maudit ces paroles du Bon Pasteur : « Je n'ai perdu aucun de ceux que vous m'aviez donnés. » Aussi la joie des habitants était-elle à son comble.

Témoins de l'accueil fait par leurs familles aux matelots de Palos, ceux des environs, désireux d'un, pareil

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honliciir, anraiont h'wn voulu partir le soir niènio pour leur.-; foyers. Mais les réjouissances ne pouvaient ell'aeer rengagement pris pendant la tourmente vers les Aeorcs. L'Amiral n'accoida point de congé avant l'accomplissement du vu'u. On avait promis d'aller dans la [iremière église di'diéc à Noti'e-Danie, voisine du lieu où la Ni/ta j>ouri'ait atterrir. .Mainlrnanl le lieu ('tait Palos; l'église Notre-Dame de la Rabida, au couvent dont le docte Juan Perez de Marchena était Gardien.

Ainsi le gén(''reux Franciscain, qui avait célébré la messe solennelle pour l'embarquement, ci'b'bra la messe d'actions de grâces pour le retour. La Providence sembla lui avoir ménagé cette satisl'aclion. Ce fut une cérémonie profondément toucbante. Tous ces marins nu-pieds et en chemise, depuis le mousse jusqu'à l'Amiral, dans le piteux costume du naufragé, venant rendre grâces à Marie, l'Etoile de la mer, de les avoir sauvés, étaient suivis d'une foule qui s'associait de cœur à leurs prières et à leur gratitude.

Maintenant tout matelot se voyait entoun', écoulé comme un oracle; sa famille s'enorgueillissait de lui. On se le disputait, pour le iéter. Mais l'Amiral se trouvait à Palos comme un étranger. Ses frères de l'Ordre Sérapliique l'ai tendaient à la Raliida; il retoui'na donc auprès 'd'eux et rrpiit jiossession de sa cbère cellule que lui réservait le Père Gardien.

On devine aisément le boidieur des deux amis à leur réunion. Cette pensée qu'ils avaient eue d'abord séparément l'un et l'autre, cette espérance (|u"ils mirent en fonds commun, cette foi patiente qui sut trionq)lier

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