‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 85 sur 208 · LIVRE PREMIER — CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER — CHAPITRE XI

Alondc, et pout-ètrc ignoré celle première leçon de science comparée qui ait été donnée sur la terre.

Qu'on nous permelle donc de reparer cet oubli et de rétablir l'ordre des faits et des données principales dont l'exposition occupa celle séance.

Le Révélateur du Globe portant autour de lui son tranquille regard, après avoir constaté que le vrai caractère de l'expédilion dont il revenait était chrétien avant tout, déclara que les foveurs qu'il plaisait à Dieu d'accorderà l'Espagne, par son entreprise, paraissaient îa récompense du prosélytisme et de la piété de ses Rois. Il montra le spacieux Océan, jusqu'à ce jour interdit à la curiosité des mortels, désormais ouvert aux flottes catlioliques; le glorieux étendard de la Castille porté dans l'iiémispbère des Antipodes; des terres sans nombre visitées par la Croix. 11 fit ensuite le récit succinct et méthodique de son voyage, de[)uis son départ des îles Fortunées jusqu'au moment où il avait quitté ces régions innommées, dont par la grâce divine il était l'inventeur.

Avec l'esprit de classification et d'ordonnance qui lui était propre , il commença par décrire l'aspect géologique des terres découvertes, les richesses du règne végétal qui l'avaient ébloui ; les diverses sortes d'animaux aquatiques et terrestres qu'il avait observées.

A l'appui de cette exposition générale des produits du Nouveau Monde, ayant lait rapprocher de lui les échantillons qu'il en avait rapportés, le Démonstrateur de la Création les mil leur à tour, suivant leur rang,

sous les veux de l'auguste assemblée.

Ensuite, pour mieux faire ressortir la différence des produits de ces nouvelles contrées, comparativement à leurs congénères dans le monde anciennement connu, le Uévélateur du Globe fit l'exhibition d'animaux étranges : les uns terrestres, les autres amphibies; ceux-là empaillés, ceux-ci embaumés, et les autres vivants.

Dès qu'il eut terminé celte poétique revue des trois règnes de la Nature, abordant enfin l'hisloire de rhomnie, qui en est le couronnement, il appela l'attention sur les sept indigènes présents; signala les différences caractéristiques de leur race ; peignit leur état social, la simplicité de leurs mœurs qui les disposait à recevoir plus fructueusement l'Évangile.

Le regard lumineux de Colomb, la dignité de son attitude, sa voix persuasive, la poésie de ses images, sa hardiesse de locutions, l'autorité de son geste, relevant la nouveauté des aperçus, s'égalaient à la majesté du sujet et tenaient suspendue l'attention. L'expansion de son âme, pénétrée des merveilles de Dieu, se trouvait en intime harmonie avec l'esprit de celle époque et les sentiments particuliers de cette Cour guerrière, qui, l'année précédente, avait arboré la Croix sur les tours dumaliométisme. L'assemblée écoutait haletante d'un intérêt palpitant cette leçon de géographie descriptive et d'histoire natiu'clle comparée que le Démonstrateur de la Création donnait ainsi hardiment au milieu des illustrations de l'Espagne.

L'enireiH-isede la Découverte avait été tentée surtout en vue de la gloire de Dieu, de la propagation du

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