‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 86 sur 208 · LIVRE PREMIER — CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER — CHAPITRE XI

Cliristianismc. El parce qu'en terminant son discours le Révélateur du Globe assurait qu'une multitude iiitiuie d'âmes, jusqu'à ce jour privées de la lumière, (Mitroraienl bienlôl dans le giron de l'Église, et comme l'accent de son ardente foi, sa tendre charité faisait passer dans les cœurs cette consolante espérance, le ravissement, la ferveur étant à leur comble, une émotion indescriptible saisit l'assemblée, l'enthousiasme fitexplosion. Soudain, par un irrésistible entraînement, la Heine, le Roi, la Cour, le peuple, se jetant à genoux, lèvent les mains au ciel, louant Dieu, et versent avec Colomb des larmes de bonheur. Au même instant retentit le chant de la victoire, le triomphal Te Deum, entonné par les choristes de la chapelle royale. La grande voix du peuple leur répond et va se prolongeant au dehors, dans les foules, par toute la cité, au milieu de telles délices que les âmes chrétiennes, suivant le vénérable évoque de Chiapa, en ressentaient un avant-goût des joies du paradis.

Colomb, encore rayonnant de sublimité, remué de l'enthousiasme qu'excitait sa présence, environné d'une auréole de respects, s'inclinanl, prit congé des Rois et se rendit à la demeure qu'ils lui avaient préparée Les seigneurs de la Cour, les premiers gentilshommes l'accompagnèrent jusqu'.à la porte, entourés d'une foule qui ne pouvait se lasser de contempler et d'applaudir le grand homme, visiblement ministre de la Providence.

CHRISTOPHE CULO.MB. — .il

Le retentissement de révénement le plus vaste, le plus important pour la science et l'humanité entière qui se fût jamais accompli se prolongeait sur tout le littoral de l'Europe, arrivait parmi les peuples du milieu et allait bientôt pénétrer en Orient.

De Lisbonne, de Cadix et de Barcelone, la nouvelle partait avec chaque navire et abordait à sa destination. L'annonce de ce prodige parcourut en peu de temps les États chrétiens et, de l'Adriatique à la Grande- Bretagne, causa chez tous les marins une sensation difficile à rendre. Le célèbre Sébastien Cabot, qui se trouvait alors à la cour d'Angleterre, avoue que cette découverte y fut considérée comme une œuvre plutôt divine qu'humaine, et le grand navigateur la comprenait ainsi.

.Mais ce fut surtout dans la capitale du monde chrétien que cette nouvelle excita la plus profonde sensation.

La Cour de Rome se montrait enivrée de joie. Le Souverain Pontife manifesta publiquement son allégresse, et remercia solennellemeni Dieu d'avoir permis que ces nations, encore assises dans les ombres de mort, vissent poindre l'aurore du Saint.

Comme le Sacré Collège, le monde savant étail dans la félicité des espérances Le grand maître de la littérature classique, l'oracle de ses contemporains, Pom-

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