‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 88 sur 208 · LIVRE PREMIER — CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER — CHAPITRE XII

confirmèrent tous les titres et privilèges qui lui étaient assurés par le traité de Santa-Fé.

Comblé de marques de considération, de témoignages d'admiration et de gratitude, Colomb prit enfin congé des Rois et s'('Ii)i^na de Barcelone, eiiiporlanl les hautes espérances que l'Espagne avaient mises en lui.

. Les Rois, ayant reçu de Rome le Bref de nomination d'un Vicaire Apostolique dans les Indes, en adressèrent l'ampliation au Père Boïl, religieux de Saint-Benoît, trcs-estimé de Ferdinand pour son tact en diplomatie. Douze religieux, choisis dans ditTércnts ordres, devaient accompagner le Vicaire Apostolique.

On était arrivé à la fin de juillet; l'Amiral reçut l'hommage solennel des capitaines de la flotte. Les bureaux de la marine ayant grand intérêt à ce que l'œil pénétrant de Colomb ne perçât point les secrets arrangements faits avec les soumissionnaires des diverses parties do l'armement, se mirent ouvertement en hostilité contre lui. Juan de Soria, pour faire parade de vertu, avait refusé d'inscrire sur les contrôles des équipagi^s un seul domestique appartenant à l'Amiral, attendu qu'en sa qualité de chef il pouvait, disait-il, donner des ordres à tout le monde.

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Isabelle adressa aussitôt à Colomb une lettre capable (le réparer cette offense. Le même jour, .4 août, elle ('•iiivil à rAicliitliacro de Séville pour lui recommander d'èlrc plein d'éfiards envers l'Amiral, de lui aphuiii' toute difficulté, d'cnipéclier que personne ne le con- I redit.

Aliu de trancher le difiérend relatif au personne! ([uo jiourrait emmener Colomb aux frais de la couronne, la Heine ilxa l'étal de maison du Vicc-Hoi à Ircnte personnes; savoir : dix écuyers à pied, portant épée, et vingt domestiques de toutes fonctions, à la solde royale.

Quelques jours avant celui où je ministre de la Providence allait, de reclief, interroger les espaces de l'Océan, la Reine lui conseillait, jjour le soulager dans ses observations savantes, d'emmener un bon astronome; et, pensant prévenir ses vœux, elle avait l'ingénieuse adresse de lui désigner, comme d'elle-même, son fidèle ami, le Père .luan Père/ de Marchena, « parce qu'il est bon astronome, disait-el!»!, et qu'il m'a toujours paru en entière conformité de sentiments avec vous » .

semblait juste, en effet, que le docte Franciscain, ([ui le premier avait deviné Christophe Colomb, accueilli son inforlime, partagé sa théorie, pressenti le Nouveau Monde, prié Dieu et supplié la Reine pour sa Découverte, fût le premier à célébrer les saints mystères dans l'immensité de l'Océan, et le premier à bénir ces noire Rédempteur. Et pour cela, un concours singulier des choses s'opère en sa faveur.

MVItR IMiKMlKll — r.IlAPITItE XII

Sans sollicitation de sa part, il est appelé par la Reine are voyage. C'est comme savant qu'il est meinl)re do l'expôdilion. Par ce litre, il est à boni du vaisseau aiuiiid, lait partie de l'élat-major, déhaniue nécessairement avec lui pour chaque prise de possession et se trouve ainsi le preniirr iirt'hv, Ir prcnil'i' religieux qui ait foulé le sol nouveau cl joui du buiilKUir d'y arborer la Croix.

CMItlsI'Ol'HE CULO.MII. ^2

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