LIVRE PUEMIEU — GHAPITKE II
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cnlarirc. Nous savons, par son pro]ire t/Tiioignago, combien la mer avait été un aliment iné[uiisal)lc pour ses élévations vers Dieu. Dès smi aii'ivée à Lisbonne, il allait l'éijulièroment, chaque malin, entendre la Miesse à l'église de Tous-lcs-Saints, attenante à un couvent de femmes. Son air de distinction et la piété de s(ui recucillcmeut i'iuent remarqués à travers les grilles du cloître. Une noble demoiselle qui s'y trouvait, parmi les dames pensionnaires, se prit pour lui du plus vif intérêt. Voulant absolument le connaître, sa tendre curiosité inventa un moyen de présenlalion.
On l'appelait Dona Felippa de Perestrello.
Elle était fille de Barthélémy Mognis de Perestrello, gentilhomme italien, naturalisé en Portugal, ancien officier de la maison du Roi, l'un des protégés de l'infant don Ilenrique, et qui, en sa qualité de parfait marin, avait été adjoint aux dernières expéditions de découvertes. En récompense de ses services de mer, le promoteur de la navigation, don Ilenrique, l'avait fait nommer gouverneur de Porto-Santo et autoriser à coloniser cette île, où de grandes possessions lui étaient octroyées à perpétuité. Néanmoins, comme il manquait de capitaux suffisants, son essai de c-olonisalion fiit entravé dès le début. Les travaux de culture s'arrêtèrent devant un obstacle aussi sérieux que ridicule. Quelques lapins, apportés dans l'Ile, s'y étaient en peu de temps multipliés avec une telle fécondité, que la rapidité de leur j)ropagation l'emportait sur la destruction acharnée qu'en faisaient les colons, encore trop peu nombreux. Ces petits quadrupèdes rongeaient tous les végétaux, détruisaient, la nuit, les plan-