LIVRE DEUXIÈME — CHAPITRE II
if'sitlcnce du monarquo, composée d'uno cinquanlaino di' maisons. Us le trouvèrcnl étendu dans son liamac, cnlouré de sepl femmes. 11 témoijina son re|;i'et de ne pas voir r.Vmii'al ; raconta que Caonabo avait iiiassaciv les chrétiens et l'avaient i)lessé lui-même. Kn leur donnant congé, il lit présent à cliaiun d'un bijou d'or, et les ciiargca de dire à l'Amiral qu'il lui serait reconnaissant de .'îa visite.
Le lendemain, l'.Vmiral ordonna aux dix-sept capitaines des caiavelles de se rendre à terre en grande tenue. Il y descendit avec son état-major, d(ml les riches costumes auraient été remarqués même dans une grande ville. Jamais il ne négligeait rien de ce qui ])ouvait produire un bon effet. Il avait aussi préparé des cadeaux.
Lorsque Colomb parut, Guacanagari, sans quitter son hamac, lit de sa place les démonstrations les plus gracieuses. En exprimant ses regrets de la mort di'S chrétiens, ses yeux se remplirent de larmes. Il retraça leur fin déplorable et n'oublia point les efforts tentés pour les secourir. Il monli'ait sur plusieurs de ses sujets des cicatrices a.ssez récentes et les bandes qui enveloppaient sa jambe blessée.
Néanmoins le Père Coïl crut Guacanagari complice du massacre des Espagnols ; il fut d'avis de l'arrêter à l'instant et d'en faire un châtiment exemplaire. Mais Colomb se rappelant les nombreuses marques d'attachement reçues de lui, son habitation incendiée, les cicatrices récentes de ses sujets, la conformité de tous les dires des Indiens qu'on avait interrogés, se refusait à le croire coupable. Le Père Boil en sa qualité de diplo-
CHKISTOPHE COLOMB
malf, croyait jngiT les hommes avec profondciir. Il se piqua de voir la confiance que gardait Golomij, malj^ré son sentiment
Giiacanagari fit don à l'Amiral de huit marcs et dniii or, d'une couronne d'or, de trois calebasses pleines de poudre d'or et d'un bonnet enricbi de pierreries. L'Amiral lui remit des bairatelles d'l']s[i;ignc : miroirs di- Vriiisc, épingles et sonnettes que le Cacique estimait d'une valeur inappréciable; car les Indiens préféraient e cuivre â l'or.
Au départ de Colomb, le Cacique, malgré sa blessure, l'accompagna sur son bord. L'aspect de ces nombreux navires le frajjpa de surprise. Les bœufs, les ânes, les moutons, les porcs, les chèvres dont les formes lui étaient inconnues l'étonnèrent. La vue des chevaux andalous le rendit stupéfait. Il apeirul quelques Caraïbes faits prisonniers cl <lont les chaînes n'avaient point abattu la fierté; il ne pouvait soutenir le regard féroce de ces ennemis indomptables malgré leurs fers.
Son allenliou lut allirée plus agréablement dans une autre partie du vaisseau.
l'armi dix Indiennes restées à boi'd de la Gracieuse- Marie, se faisait remarquer une jeune femme dont les irs d(! princesse avaient été distingués de l'équipage, (|ui la surnommait doua Calalina. Guacanagari lui adressa quel(|ues paroles de courtoisie royale appuyées d'un regard de tendre sym|)atliie. Malgré la diiférence de K'urs iilioiries, ils se (•OMq)rirenl fort bien et con-