‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 92 sur 208 · LIVRE DEUXIÈME — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME — CHAPITRE II

vinroni âc leurs faits devant tout le monde, sans qn? personne s'en doutât.

L'Amiral offrit au Caeique une collation ; lui donna des luarqiK^s de eonlianee et d'amitié connue autrefois; lui parlant de Dieu, de Jêsus-Clirist, il Teufiageait à so faire chrétien, et voulait lui suspendre au cou une médaille de la Sainte Vierge, qu'il porterait en attendant qu'il fût baptisé. .Mais quand le Cacique sut que c'était un signe ehrétien, il refusa de garder cette iuiage d'uH culte contre lequel l'avaient prévenu les brigandages des P^spagnols restés dans ses Ktats. Le Père ^\o' Boil vit là une confirmation de ses soupçons. Il conseilla de nouveau de l'arrêter, maintenant qu'on le tenait à bord. L'Amiral n'y voulut point consentir. Quelque chose d'inexplicable l'assurait de l'innocence de son hôte.

Le jour suivant, les indigènes .se montraient en grand noudiiv sur le rivage. Le frère de Gnacanagari, sous prétexte de changer de l'or, vint à bord de la Gra- I) ï cieu$c-}faric. Kvitant la présence de l'interprète, il parla particulièrement à la belle Calaliua, auprès de la(|uelle il s'acquitta d'un message. Dans la nuit, vers la lin du premier quart, Catalina lit un signal à ses compagnes. Elles se glissèrent sans bruit le long des flancs du navire et se laissèrent couler dans la mer, malgré la violence de la houle et les trois grands milles qui les séparaient du rivage. Une torche allumée sur la grève ii'ur iii(li(|Mail le point de ralliement. L'agitation des vagues couvrant le bruit de leur chute, on ne s'aperçut

pas tout do suite do leur ovasion. Pendant le temps nécessairo |iOMr niollio à la mer les clialoupos, elles avaient tellement pris ravancc, que la rapidité des embarcations ne putieur couper le chemin. « On eut .^^^ -^ toutes les priiirs du monde à en rallrapor jilus de '^^ quatre. Encore ne les prit-on qu'au moment où elles

sortaient de l'eau. » La lière beauté, dona Calalina, réussit à t;a£;ner le bois.

Quand il lit joiu', r.Vmiral envoya demander à Guacanagari la remise des l'ugilives. L'oflicier chargé du message ne trouva plus ni le Cacique ni ses sujets; la résidence était déserte et silencieuse. La population avait lui emportant tout ce qu'elle possédait : les provisions, le mobilier, les ustensiles. Cette désertion acheva de coniirmer les soupçons sur la complicité de Guacanagari. Colomb seul s'abstint de le condamner.

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La Commission topographique annonça qu'elle avait découvert un port très-convenable. Pendant qu'on s'y dirigeait, le temps changea, devint contraiio. On l'ut contraint de s'arrêter sur une côl(^ très-poissonneuse, pourvue d'un excellent jiort, pi'ès de deux rivières dont l'eau légère et limpide baignait un sol d'une fécondité inépui-sable. A un trait d'arbalète abondaient les pierres propres à la construction. Ce plateau s'adossait à une épaisse forêt et trouvait dans un groupe c'e

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