‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 96 sur 208 · LIVRE DEUXIÈME — CIIAPITIIE IV · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME — CIIAPITIIE IV

cris dos perroquets de toute nuanee animaient res solitudes.

L'Amiral passa près d'un mois à sillonner ee dansrereux archipel. Durant ces travaux, plusieurs fois on descendit sur la côte de Cuba pour s'informer de la naUuv de cette grande terre, savoir si elle formait un continent.

Quelques naturels disaient que CMl)a était une île ; mais presque tous s'accordaient à reconnaître que son rivage s'étendait à l'inlini. Des pêcheurs, inlerrogés, avaient répondu que le rivage de Cuba s'allongeait sans fin à l'ouest. L'embarras de Colomb s'aggrava tout à coup. Dans cette partie plus occidentale du littoral, l'interprète cessait d'être compris; on était réduit au langage des signes.

On comptait dans les trois caravelles cinquante hommes de mer, parmi lesquels des pilotes renommés et des maîtres en cosmographie. Tous étaient intimement persuadés que Cuba formait le commencement des Indes. D'après ces données, Colomb conçut un audacieux itinéraire qui l'eût ramené en Espagne par r.Vsie et la Méditerranée.

Dieu seul et les anges savaient alors la l'orme du nouveau continent, l'inimcusité de la mer Pacifique, la distance qui séparait Cuba des côtes de la Chine et de l'archipel Indien. L'erreur de Colomb, obligée, inévitable, sert à mettre en relief la fécondité de son génie et la hardiesse de ses inductions.

Dans son plan impraticable brille la première idée

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CHRISTOPHE COLOMH

de circumnavigalion. Mais le manque de vivres, le délabrement de ses caravelles, l'accablement de ses équipajïcs, FobliLjèrenl à revenir sur ses pas.

L'Amiral ne céda qu'à l'inipériense nécessité. Ses navires ébranlés par les fréquentes secousses, ses quilles labourées par les coraux en touclianl les bas- IVinds, ses amarres usées, ses voiles déclarées et à demi pourries, ses provisions consommées, son biscuit avarié, contraignirent sa résolution. Il fallut rebrousser cbemin.

A travers ces périls, pendant qu'il disputait ses nefs aux bancs de madrépores, aux labyrinlbes de litliopliytes, dans lesquels les avait eni;agées son ardente perquisition des secrets de ce monde, le poëte égalait m lui le naturaliste; et, tout en se déliant de ces aspects dangereux, il se délectait aux parfums qui s'épitndaient sur les vagues liouleuses.

Pour dédommagement de ses fatigues durant le cours de cette navigation, le conteuqilalenr de la Création fut ensuite convié aux grands spectacles de la Nature. A mesure qu'il retrouvait les eaux profondes et transparentes des côtes de Cuba, des scènes animées vivifiaient les solitudes de l'Océan.

Un jour, il vit s'élever à la surface des flots une m\dtitude innombrable de loi'tues aux larges écailles, qui.

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